Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a mis en doute les affirmations de Téhéran selon lesquelles les installations nucléaires iraniennes seraient « dangereuses » et a déclaré que les inspecteurs de l’AIEA devaient déterminer si l’accès à ces installations était possible ou non. Parallèlement, le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a qualifié la demande de l’agence à cet égard de « déraisonnable ».
Dans un entretien accordé à l’agence de presse russe RIA Novosti et publié le samedi 20 décembre, le directeur général de l’AIEA a indiqué que les responsables du régime iranien prétendaient que « les installations sont dangereuses et inaccessibles », mais que, dans ce cas, les inspecteurs devaient pouvoir vérifier si l’accès était réellement impossible.
Rafael Grossi a ajouté que cette question faisait actuellement l’objet de discussions entre l’agence et Téhéran, et il a exprimé l’espoir que des progrès puissent être réalisés.
La question de l’uranium enrichi iranien est devenue un défi majeur pour l’AIEA après la guerre de douze jours.
En août, Fatemeh Mohajerani, porte-parole du gouvernement du président iranien Massoud Pezeshkian, a insisté lors de sa conférence de presse hebdomadaire sur le fait que l’uranium enrichi était « enfoui quelque part » et qu’il était inaccessible.
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, a également déclaré le 12 septembre, lors d’un entretien avec la télévision d’État, que les stocks d’uranium enrichi de l’Iran se trouvaient « sous les décombres d’installations nucléaires bombardées ».
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré le vendredi 19 décembre que Moscou souhaitait que le directeur général de l’AIEA adopte une approche « professionnelle et impartiale » dans l’évaluation du programme nucléaire iranien.
L’agence insiste sur la nécessité d’avoir accès à toutes les installations nucléaires iraniennes
Dans une autre partie de l’entretien accordé à RIA Novosti, Grossi a affirmé que l’Iran possédait bien plus que ces trois installations. Bien que ces trois sites soient essentiels pour le retraitement, la conversion et l’enrichissement de l’uranium, le programme nucléaire iranien ne s’y limite pas.
Il a poursuivi en indiquant que l’Iran dispose d’un programme nucléaire très avancé, doté d’un important volet de recherche et de développement scientifique, et de nombreuses autres installations à travers le pays. Il existe également une centrale nucléaire à Bushehr, et des projets de construction de nouvelles centrales ont été évoqués, y compris, sauf erreur de sa part, en partenariat avec la Russie. Les travaux se poursuivent donc dans tous ces domaines.
Kamalvandi : Une inspection des sites est une demande déraisonnable
Au même moment que les déclarations de Grossi, Behrouz Kamalvandi, porte-parole et directeur adjoint de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, a qualifié de « déraisonnable » la demande de l’agence d’inspecter les installations nucléaires du régime iranien.
Il a déclaré à l’agence de presse officielle ISNA le 19 décembre : « Nous devons prendre des mesures et examiner la possibilité de réaliser un inventaire matériel par d’autres moyens et d’en informer l’agence, sans que des inspecteurs se rendent sur place. Plusieurs idées et méthodes sont envisagées, mais ces questions doivent encore être négociées.»
Ce haut responsable du régime iranien a ajouté : « L’insistance de l’agence à exiger que l’Iran autorise l’accès aux matériels et aux sites et leur inspection, ou qu’il lui rende compte strictement conformément à l’accord de garanties, rédigé pour un contexte de paix, est une demande déraisonnable.»
Alors que Téhéran a annoncé l’annulation de l’accord conclu avec l’agence au Caire, Kamalvandi a averti : « Qu’ils le veuillent ou non, la situation a changé, et si nous voulons reprendre des négociations sérieuses avec l’agence, les arguments de l’Iran doivent être pris en compte. »
Ces derniers mois, plusieurs responsables du régime iranien ont qualifié Grossi d’« agent du Mossad », et le journal d’État Kayhan, supervisé par un représentant du guide suprême Ali Khamenei, a même réclamé son exécution pour « espionnage » au profit d’Israël.
Le site d’information Ynet a rapporté le 19 décembre qu’avant la guerre de douze jours contre Israël, le régime iranien menait des recherches sur le développement d’une quatrième génération d’armes nucléaires basées sur la fusion pure.
Selon ce rapport, publié le vendredi 19 décembre, les recherches en Iran se sont concentrées sur un type d’arme nucléaire totalement inédit, qu’aucun pays n’a encore réussi à produire.
Le rapport indique que ce type de fusion ne nécessite ni uranium ni plutonium et ne génère quasiment aucune radiation ni contamination radioactive.
Cette publication intervient dans un contexte de spéculations croissantes ces derniers jours quant à l’avenir du programme nucléaire iranien et aux réactions potentielles des États-Unis, d’Israël et de la troïka européenne.

