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Vladimir Poutine met en garde contre l’usage de la force en Iran

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Le Monde, 16 octobre – Le président russe, Vladimir Poutine, a défendu mardi 16 octobre à Téhéran le droit de l’Iran de développer son programme nucléaire, qualifiant d’inacceptable tout recours à la force dans la région.

Premier dirigeant du Kremlin à se rendre en Iran depuis Staline, en 1943, M. Poutine participait à un sommet des chefs d’Etat des cinq Etats riverains de la Caspienne (Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Russie, Turkménistan), lesquels sont convenus, mardi, de ne jamais laisser un pays tiers utiliser leur territoire pour attaquer celui d’un autre – une risposte aux craintes d’une attaque américaine contre l’Iran. Premier concerné, l’Azerbaïdjan, le pays riverain le plus proche des Américains et de l’OTAN.

« Nous devons convenir que l’utilisation du territoire d’un [Etat »> de la mer Caspienne ne doit pas être possible dans l’hypothèse d’une agression extérieure », a déclaré Vladimir Poutine. »Nous ne devrions même pas songer à employer la force dans cette région ». Le président russe a estimé que chercher à « intimider » les Iraniens serait contre-productif, présentant la patience et le dialogue comme les meilleurs moyens de régler le contentieux nucléaire. Il a par ailleurs apporté son soutien au programme atomique iranien en déclarant que « les activités nucléaires pacifiques doivent être autorisées ».

RETARD DANS L’ACHÈVEMENT DE LA CENTRALE DE BOUCHEHR

Vladimir Poutine, dont le pays possède un droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, est considéré comme un soutien de poids des Iraniens, soucieux avant tout d’échapper à un durcissement des sanctions internationales. Allié historique de Téhéran, Moscou participe à la construction de centrales nucléaires en Iran. Mais à ce sujet, le président russe a renvoyé à une date indéfinie l’achèvement de la première centrale nucléaire iranienne, la centrale de Bouchehr, dont la Russie avait repris le contrat en 1994, l’Allemagne s’étant désengagée après la révolution islamique de 1979.

« L’équipement restant de cette époque », quand Siemens avait lancé la construction, est usé, vieux, et un nouvel équipement devrait « être utilisé », a dit le président russe dans une interview aux médias iraniens. L’achèvement de Bouchehr est régulièrement repoussé depuis plusieurs années pour des raisons diverses, la dernière en date ayant été selon Moscou des retards de paiement iraniens, démentis par l’Iran.

Des experts et diplomates occidentaux estiment cependant que Moscou pourraient utiliser ce projet comme moyen de pression pour forcer l’Iran à la transparence sur son programme nucléaire. Ils estiment par ailleurs difficile pour la Russie d’achever la centrale de Bouchehr alors qu’elle a voté deux séries de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre l’Iran et son refus de suspendre l’enrichissement d’uranium.

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