IranNucléaireIran: Poutine défie Washington

Iran: Poutine défie Washington

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LEXPRESS.fr, 17 octobre – En visite à Téhéran, le président russe met les Etats-Unis en garde contre une intervention armée. Il a persuadé les autres pays situés autour de la mer Caspienne de ne pas servir de base arrière à Washington dans le cas où un conflit éclaterait.

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé que Moscou n’accepterait aucune attaque contre l’Iran depuis le pourtour de la Caspienne et persuadé les autres Etats de la région de faire bloc autour de lui.

Poutine a par ailleurs invité le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à se rendre à Moscou pour des pourparlers, ont rapporté les agences de presse russes, précisant que la date de cette visite serait fixée ultérieurement par voie diplomatique.

Washington n’exclut pas l’option militaire contre l’Iran au cas où la diplomatie échouerait dans la crise liée au programme nucléaire de Téhéran. Aussi la déclaration adoptée au sommet sur la Caspienne prend-elle une allure de réplique aux menaces d’attaque américaine.

La déclaration finale du sommet a été adoptée après un discours du président russe Vladimir Poutine en ce sens, qui visait selon toute vraisemblance l’Azerbaïdjan.

Des représentants de l’armée américaine ont inspecté des pistes aériennes situées dans cette ex-république soviétique, qui a conclu un accord de partenariat avec l’Otan, et les médias russes ont laissé entendre que les militaires américains avaient peut-être l’intention d’utiliser ces installations en cas d’intervention contre l’Iran. Les autorités de Bakou ont écarté une telle éventualité.

L’Iran, la Russie, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan ont déclaré qu' »en aucune circonstance, ils ne permettront (l’utilisation de leurs) territoires par des pays tiers pour lancer une agression ou quelque autre intervention militaire contre l’un ou l’autre des pays membres ».

Ils reconnaissent également dans la déclaration finale les droits de tous les signataires du Traité de non prolifération (TNP), dont l’Iran, à se doter d’un secteur nucléaire civil.

« Nous ne devrions pas même penser à recourir à la force dans cette région », a déclaré au cours du sommet Vladimir Poutine.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui assure que Téhéran ne renoncera pas à ses ambitions nucléaires, a qualifié de « très ferme » la déclaration du sommet.

RENCONTRE AVEC LE GUIDE DE LA RÉVOLUTION

La présence de Poutine – premier chef du Kremlin à se rendre en Iran depuis Staline en 1943, pour la conférence de Téhéran – a été suivie avec attention par l’Occident, en raison de l’influence que peut, si elle le décide, exercer la Russie sur la République islamique dans les domaines des échanges commerciaux et du nucléaire.

La Russie aide l’Iran à construire sa première centrale nucléaire à Bushehr. Le projet a toutefois subi plusieurs retards, que Moscou attribue à des défauts de paiement iraniens. Téhéran affirme être à jour de ses versements et avance que les retards russes sont liés aux pressions occidentales.

Dans une interview aux médias iraniens, Poutine a affirmé ne pas pouvoir s’engager sur une date pour la livraison du combustible nucléaire destiné à alimenter le réacteur de Bushehr, affirmant qu’elle n’aurait lieu qu’après de nouvelles discussions sur plusieurs points du contrat qui lie les deux pays.

La Russie s’est en tout cas engagée à achever les travaux dans les délais prévus. Les déclarations de Poutine ont cependant dû décevoir les responsables iraniens qui avaient auparavant déclaré attendre de « bonnes nouvelles » à propos de Bushehr.
Le président russe s’est rendu à Téhéran malgré des informations russes sur un projet d’assassinat contre lui pendant sa visite iranienne. L’Iran a rejeté ces rapports.

Ahmadinejad a accueilli Poutine et les autres chefs d’Etat dans son discours inaugural, appelant à la sécurité et à la coopération. Il s’est ensuite entretenu en privé avec Poutine.

Le chef du Kremlin a également rencontré le guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, qui, en vertu de la constitution iranienne, a le dernier mot dans l’ensemble des affaires relevant de l’Etat.

Poutine, dont le pays possède un droit de veto au Conseil de sécurité de l’Onu, est considéré comme un soutien de poids des Iraniens soucieux avant tout d’échapper à un durcissement des sanctions internationales.

Pour Poutine, qui estime que chercher à « intimider » les Iraniens serait contre-productif, la patience et le dialogue sont le meilleur moyen de régler le contentieux nucléaire.

La semaine passée, plusieurs pays de l’Union européenne ont renouvelé leur appel à Washington en faveur de l’adoption au Conseil de sécurité d’une troisième résolution durcissant les sanctions au cas où Téhéran refuserait de suspendre ses activités nucléaires « sensibles ».

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