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Le Conseil de sécurité vote de nouvelles sanctions contre l’Iran

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Reuters, Nations Unies, 3 mars – Par Louis Charbonneau – Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté lundi une troisième série de sanctions contre l’Iran en raison de son refus de suspendre ses activités nucléaires sensibles.

Il y a eu 14 voix pour, aucun vote négatif et une seule abstention, celle de l’Indonésie, premier pays musulman de la planète.

L’Iran dément vouloir se doter de la bombe atomique, comme le soupçonnent les Occidentaux, et a déjà ignoré trois résolutions du Conseil de sécurité exigeant l’arrêt de ses activités d’enrichissement de l’uranium, susceptibles d’aboutir à la production de bombes nucléaires.

Immédiatement après le vote, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne, ont invité le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, à rencontrer le principal négociateur iranien sur la question pour tenter de débloquer la situation.

Cette démarche a été annoncée dans une déclaration au Conseil dont le représentant permanent de la Grande-Bretagne à l’Onu, John Sawers, a donné lecture au nom des Six (Grande-Bretagne, France, États-Unis, Chine, Russie et Allemagne).

Un accord avait été trouvé le 22 janvier à Berlin entre les Six sur un projet de résolution imposant un troisième train de sanctions au régime iranien. Washington avait alors espéré un vote rapide, mais les négociations ont finalement duré un mois et demi avant d’aboutir au vote de lundi.

La Libye, le Viêtnam, l’Afrique du sud et l’Indonésie avaient émis des réserves sur le texte mais un intense travail de persuasion des Occidentaux a fini par tous les convaincre, à l’exception de Djakarta.

L’Iran a dénoncé une violation du droit international portant atteinte à la crédibilité du Conseil de sécurité.

« La crédibilité du Conseil de sécurité (…) est aisément rabaissée à un simple instrument de la politique étrangère de quelques pays », a déclaré l’ambassadeur de l’Iran à l’Onu Mohammad Khazaee, devant le Conseil.

DURCISSEMENT MODÉRÉ

Il a réaffirmé que l’Iran poursuivait un programme nucléaire pacifique et que les résolutions actuelles et passées de l’Onu contre l’Iran n’avaient pas de fondement juridique.

La résolution du Conseil de sécurité prévoit de nouvelles sanctions financières et des interdictions de voyager à l’encontre de particuliers et d’entreprises et rend certaines sanctions obligatoires.

De l’avis de diplomates, il s’agit d’un durcissement modéré des deux précédentes série de sanctions adoptées à l’unanimité en 2006 et en 2007. Selon eux, c’est le maximum que Washington pouvait obtenir après la publication en décembre d’un rapport des services de renseignement américains affirmant que l’Iran avait interrompu tout programme nucléaire militaire en 2003.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) prend toutefois au sérieux des documents des services de renseignement occidentaux, présentés récemment lors d’une réunion de l’organisation, tendant à prouver que Téhéran aurait poursuivi un programme nucléaire après 2003.

La résolution rappelle par ailleurs la proposition faite par les Six à Téhéran en juin 2006, qui prévoit des coopérations dans le domaine du nucléaire civil et dans les domaines économiques et politiques à la condition que l’Iran accepte de suspendre ses activités nucléaires sensibles. Cette proposition est toujours d’actualité, souligne le Conseil de sécurité.

« Nous confirmons à nouveau les propositions que nous avions faites à l’Iran en juin 2006 et nous sommes prêts à les développer », a déclaré Sawers. « Nos propositions offrent des opportunités substantielles en termes d’avantages politiques, sécuritaires et économique pour l’Iran et toute la région ».

Le représentant permanent de la Chine, Wang Guangya, a appelé l’Iran à répondre positivement aux demandes du Conseil de sécurité. « Nous appelons l’Iran à se conformer pleinement aux résolutions de l’AIEA et du Conseil de sécurité dès que possible », a-t-il dit devant le Conseil.

À Paris, le Quai d’Orsay a souligné que les sanctions n’étaient pas « une fin en elles-mêmes » et rappelé que l’offre de juin 2006 sur « des coopérations dans le domaine du nucléaire civil et dans les domaines économiques et politiques (…) reste sur la table ».

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