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Nucléaire : Téhéran refusera toute précondition

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Un débat agite le sommet du régime et la moindre déclaration peut-être mal interprétée», explique un proche d’un haut dirigeant. Les tensions internes opposent les pragmatiques, derrière Ali Akbar Velayati, conseiller diplomatique du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, aux radicaux, emmenés par Ahmadinejad.

Après la rencontre de Genève, le 19 juillet, les Occidentaux avaient donné quinze jours pour que l’Iran réponde clairement à leur offre de coopération, en échange d’un arrêt de ses activités nucléaires sensibles. Le négociateur Saïd Jalili pourrait téléphoner samedi à Javier Solana, le chef de la diplomatie de l’Union européenne, qui discute au nom de l’Occident. En substance, l’Iranien pourrait répondre «oui à des négociations, mais non à (leur) offre». En clair, Téhéran accepterait d’entamer des pourparlers à partir de ses propositions, mais sans répondre à l’exigence première des Occidentaux : l’arrêt des activités d’enrichissement d’uranium, un préalable pour ouvrir des négociations avec l’Iran.

«Gel contre gel»

Dans ces conditions, le dialogue de sourds risque de se poursuivre, avec à la clé de nouvelles sanctions. «La nation iranienne n’accorde aucune importance à tous ces palabres», a répondu hier Ali Khamenei, elle «va poursuivre son chemin», a ajouté le réel détenteur du pouvoir en Iran.

Les Occidentaux ont été déçus par la rencontre de Genève, à laquelle participait le numéro trois du département d’État américain, William Burns, une première depuis 1979. Téhéran n’avait pas répondu à la dernière offre occidentale pour sortir de la crise : l’idée d’un «gel contre gel», où l’Iran accepterait dans un premier temps de maintenir l’enrichissement à son niveau actuel, tandis que les Occidentaux renonceraient à durcir les sanctions. Téhéran va-t-il enfin accepter cette carotte ? «Après avoir tenu tête à l’Occident, quel l’intérêt a l’Iran de négocier à quelques mois de l’élection américaine ?», se demande un diplomate occidental.

Ces quinze derniers jours, Téhéran a continué d’envoyer des signaux contradictoires. Rejetant toute «date butoir» pour répondre aux Occidentaux, Ahmadinejad a déclaré que 6 000 centrifugeuses fonctionnaient désormais en Iran. Mais pour brouiller les pistes, il indiquait que si les États-Unis changeaient d’approche, Téhéran répondrait «positivement». «Les grandes puissances ne doivent poser aucune précondition à la poursuite des négociations», affirmait le président iranien, en marge du sommet des pays des non alignés, qui ont apporté hier un soutien aux activités nucléaires pacifiques de Téhéran.

Dans le bras de fer qui l’oppose aux pragmatiques, c’est lui qui fixe le tempo. Ahmadinejad n’a pas hésité à renvoyer dans les cordes Velayati, qui avait évoqué «un compromis» pour sortir de la crise. Quant à ses rivaux à la présidentielle de l’an prochain, ils se taisent, de peur de subir les foudres de l’appareil judiciaire. Après son dernier entretien à un média occidental, le maire de Téhéran, Mohammad Ghalibaf , a dû arrêter une des deux éditions de son quotidien.

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