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Discussions sur le nucléaire iranien: mise en garde des Européens à Téhéran

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AFP, 8 février – Les Européens vont avertir Téhéran que certaines de ses activités pourraient être en contradiction, dans l’esprit tout au moins, avec son engagement de suspendre l’enrichissement de son uranium, ont indiqué mardi des diplomates, au moment où reprenait à Genève des discussions entre Iraniens et Européens sur le programme nucléaire iranien.

Ces discussions, entourées de la plus grande discrétion, doivent durer jusqu’à jeudi, au niveau des experts et des hauts fonctionnaires de l’Iran et de trois pays représentant l’Union européenne: la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

Les trois pays européens « vont adresser une mise en garde aux Iraniens », a déclaré à l’AFP un diplomate proche des discussions, qui a requis l’anonymat.

Ils suivront en cela, a-t-il dit, l’exemple du chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Mohamed El-Baradei « qui a averti l’Iran dans deux lettres en décembre et en janvier » à propos des travaux menés par Téhéran sur des centrifugeuses.

Celles-ci sont utilisées dans le processus de production d’uranium enrichi, qui peut servir aussi bien à faire marcher une centrale nucléaire qu’à fabriquer une bombe atomique.

Selon des diplomates, après avoir promis en novembre de suspendre toutes les activités relatives à l’enrichissement d’uranium, l’Iran a ensuite effectué des travaux de maintenance sur des centrifugeuses dans un centre d’enrichissement d’uranium à Natanz, prélevant des pièces pour les tester dans un autre centre, à Faryand.

« Les travaux de maintenance sont tout à fait autorisés aux termes de l’accord sur la suspension (de l’enrichissement), mais pas les tests de contrôle de qualité », a expliqué le diplomate. « Cela peut s’apparenter à une violation de l’accord de suspension, mais pas assez pour faire capoter les discussions », a-t-il estimé.

Les Iraniens, a-t-il ajouté, se sont comportés de la sorte sur d’autres sujets délicats depuis que l’AIEA a commencé il y a deux ans à surveiller leur programme nucléaire.

« Les Iraniens n’ont pas signalé (à l’AIEA) leurs travaux de contrôle de la qualité, les inspecteurs de l’AIEA sont tombés dessus par hasard en vérifiant les éléments de centrifugeuse à Faryand », a indiqué le diplomate.

Un autre diplomate, qui a confirmé ces informations, a ajouté que l’Iran s’était aussi mis en faute en ne signalant pas immédiatement à l’AIEA la construction dans une installation nucléaire à Ispahan de tunnels servant à la transformation du minérai d’uranium en gaz utilisé pour enrichir l’uranium.

« Les Iraniens auraient dû le dire à l’AIEA plus tôt qu’ils ne l’ont fait », a estimé ce diplomate. « Les Iraniens font des choses qui inquiètent les Européens ».

Les négociations de Genève font suite à deux séries de pourparlers qui se sont tenues en décembre à Bruxelles et en janvier à Genève.

Européens et Iraniens sont en désaccord notamment sur la question, cruciale, d’une suspension permanente de l’enrichissement d’uranium. En novembre, la République islamique avait accepté de suspendre toutes ses activités liées à l’enrichissement de l’uranium contre une promesse des trois pays européens d’une coopération technologique et commerciale.

Mais l’Iran souhaite que cette suspension soit temporaire, soulignant que son programme nucléaire a une vocation civile, alors que les trois pays européens exigent qu’elle soit permanente et totale.

Dans la nuit de lundi à mardi, le dirigeant iranien en charge du dossier, Hassan Rohani, a affirmé que le programme nucléaire de Téhéran était invulnérable à une éventuelle attaque américaine.

Les Etats-Unis sont convaincus que Téhéran met secrètement au point l’arme nucléaire et ont alterné les déclarations menaçantes et apaisantes. George Bush a refusé d’écarter une action militaire contre l’Iran si ce pays persistait à vouloir se doter de la bombe atomique, tandis que la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice affirmait que les Etats-Unis soutenaient les efforts diplomatiques de l’UE.

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