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L’Iran croyait à une France plus souple sur le nucléaire en 2007

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Reuters, 29 novembre – La France a considéré que sa ligne dure dans le dossier du nucléaire iranien pouvait s’avérer utile en tant que « pointe du glaive » pour relever le défi posé par la République islamique, selon un télégramme diplomatique américain publié par WikiLeaks.

Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, cité dans d’autres télégrammes, a qualifié le gouvernement iranien de régime « fasciste » et dénoncé comme une « farce » sa réponse aux offres de dialogue de l’administration Obama en 2009.

Le ministère français des Affaires étrangères n’a confirmé « aucun des propos » attribués à des responsables français dans les notes diffusées par WikiLeaks, qui révèlent aussi que l’Elysée a dépêché une mission secrète en Iran à l’été 2007.

Cinq grands journaux, dont Le Monde en France, ont commencé à divulguer une partie des quelque 251.000 télégrammes diplomatiques que leur a communiqués le site internet spécialisé dans la divulgation de documents confidentiels.

La mission menée en août 2007 à Téhéran par François Richier, conseiller de l’Elysée pour les Affaires stratégiques, répondait à une invitation d’Ali Akbar Velayati, conseiller diplomatique du Guide suprême de la révolution Ali Khamenei.

Ali Akbar Velayati, selon des responsables français cités dans un télégramme américain, partait de l’hypothèse erronée que Nicolas Sarkozy, élu quatre mois plus tôt, « libérerait la France de sa ‘dépendance’ vis-à-vis de l’administration américaine ».

Son espoir était qu’elle prendrait ainsi ses distances du « groupe des cinq plus un » pays négociant pour empêcher l’Iran de mettre au point un programme nucléaire militaire.

LA « COLÈRE » DE SARKOZY

Le gouvernement français a saisi cette occasion pour défendre une « ligne dure », François Richier faisant savoir à son interlocuteur et à d’autres responsables que, « en l’absence d’un respect total (de ses obligations), les sanctions contre l’Iran ne feraient que se renforcer ».

Paris plaidait deux ans plus tard, fin août 2009, pour des sanctions plus fortes contre l’Iran s’il n’obtempérait pas, au moment où l’administration Obama n’avait pas encore renoncé à ses offres de dialogue avec Téhéran.

« La position de Sarkozy a été renforcée par sa croyance inébranlable en la non-prolifération (pour préserver la capacité nucléaire propre de la France), sa crainte réelle pour la sécurité d’Israël et sa colère envers l’Iran pour la façon dont il a tenté de manipuler la France, notamment en détenant la Française Clotilde Reiss et la ressortissante franco-iranienne Nazak Afshar », estiment des diplomates américains.

Egalement cité dans un télégramme, Boris Boillon, qui fut conseiller de l’Elysée sur le Proche-Orient avant d’être nommé ambassadeur de France à Bagdad, a souligné que la France s’opposait pour autant « vigoureusement à l’usage de la force et préférait voir le conflit se régler par la voie diplomatique ».

Un autre diplomate français cité dans un télégramme de 2007 indiquait que la France souhaitait être informée par l’administration américaine de l’avancement de ses réflexions concernant une possible action militaire.

Yann Le Guernigou, édité par Jean-Baptiste Vey

 

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