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Réunions de crise en Europe sur le nucléaire iranien

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Le Figaro, Bruxelles, 24 mai – par Alexandrine Bouilhet – Attendus aujourd’hui à Bruxelles, demain à Genève, les Iraniens entament des discussions «de la dernière chance» avec les Européens sur l’épineux dossier nucléaire. Si les négociations visant à empêcher l’Iran de reprendre l’enrichissement de l’uranium échouaient, Téhéran risquerait d’être renvoyée devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour manquement à ses obligations internationales. Une option longtemps brandie par les Etats-Unis, avant qu’ils ne baissent d’un ton et rejoignent, à la fin février, le camp des négociateurs européens, emmené par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Surveillée de près par Washington, la rencontre ministérielle qui doit se tenir demain à Genève entre Michel Barnier, Jack Straw, Joschka Fischer et Hassan Rohani, le dirigeant iranien en charge du nucléaire, sera précédée par une réunion importante entre experts venus des capitales, aujourd’hui à Bruxelles.

Cette réunion de crise s’annonce «rude», a reconnu, hier, le chef de la diplomatie britannique. «Il est très difficile de négocier avec les Iraniens, a précisé Jack Straw, mais je pense que ces discussions seront couronnées de succès : il est dans l’intérêt de tous, de l’Iran, de l’Europe et de la communauté internationale, que nous parvenions à un accord.» L’objectif est d’obtenir des Iraniens un renoncement «définitif et vérifiable» au processus d’enrichissement de l’uranium et à des activités connexes, seule garantie, aux yeux des Occidentaux, que le régime des mollahs ne fabrique pas l’arme nucléaire.

Mis sous pression par Washington, les Européens jouent la crédibilité diplomatique de l’Union. En novembre, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne avaient obtenu des Iraniens la suspension de toutes les activités d’enrichissement, en échange d’une coopération économique plus ciblée. Le ralliement de Washington à ce ballet diplomatique a renforcé les Européens, tout en braquant la frange la plus conservatrice du régime des mollahs. Du coup, Téhéran a annoncé, il y a quinze jours, qu’elle envisageait de reprendre certaines activités nucléaires sensibles. Un casus belli pour les Européens, s’il était suivi, sur le terrain, par une brisure des scellés mis en place par les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

A la veille de la réunion de Genève, l’ambiance est tendue, surtout côté iranien, où l’on estime que les pourparlers ont assez duré. «S’il n’y a pas de progrès lors la réunion de Bruxelles, la réunion de Genève n’aura pas lieu», a prévenu un porte-parole du Conseil suprême de la sécurité iranienne. «C’est aux Européens d’offrir une solution !» assène le régime de Téhéran, alors que c’est à la demande des Européens, inquiets des proclamations iraniennes, qu’a été convoquée la réunion. Les capitales européennes commencent, elles aussi, à perdre patience face au poker menteur des Iraniens.

Réunis à Bruxelles hier, les ministres européens des Affaires étrangères ont adressé un message de fermeté à Téhéran, en rejetant par avance toute entorse aux accords de Paris de novembre dernier. Dans ce bras de fer diplomatique, l’Europe aurait préféré temporiser jusqu’au scrutin iranien du 17 juin, garder le fil du dialogue et reprendre ses pourparlers avec le nouveau régime après l’élection présidentielle. En coulisse, l’Europe comptait sur la victoire du conservateur Ali Akbar Hachémi Rafsanjani, qui a promis, une fois élu, de signer un accord acceptable sur le nucléaire. Mais les bravades de Téhéran ont obligé l’Union à accélérer son calendrier.

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