L’agence de presse Fars, affiliée au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), a publié un article en réaction au conflit de 12 jours entre Israël et l’Iran. Elle y décrit les exécutions massives de 1988 comme une « expérience réussie » et appelle à leur répétition face à l’opposition actuelle au régime iranien.
Évoquant la situation sécuritaire récente en Iran, Fars décrit les opposants au régime comme impliqués dans le « transfert d’informations vers Israël et le trafic d’armes », affirmant que leur exécution est une « demande publique légitime ».
L’article précise : « Dans les circonstances actuelles, où certains mercenaires ont fourni des informations à l’ennemi avec le soutien d’Israël et des services de renseignement occidentaux, ils méritent d’être exécutés comme en 1988. »
À l’été 1988, le régime iranien a lancé une vague massive d’exécutions politiques visant des milliers de prisonniers. Cette atrocité, connue sous le nom de « massacre de 1988 », a coûté la vie à de nombreuses personnes déjà jugées et purgeant leur peine. En quelques semaines, des « comités de la mort » ont décidé du sort des prisonniers à l’aide de brèves questions idéologiques, envoyant des centaines d’entre eux aux pelotons d’exécution. Les organisations de défense des droits humains ont qualifié ces exécutions de crimes contre l’humanité. Les familles des victimes sont toujours privées du droit de connaître le lieu de sépulture de leurs proches. La majorité des quelque 30 000 prisonniers exécutés étaient des membres et des sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK).
Fars a défendu les exécutions des années 1980 et la position de Ruhollah Khomeini, l’ancien dirigeant du régime iranien, en déclarant : « Cette action judiciaire était nécessaire pour maintenir la sécurité nationale, administrer la justice et mettre fin à la menace terroriste persistante dans le pays. » Le média affilié au CGRI poursuit : « Contrairement à la propagande de réseaux hostiles qui ont présenté les exécutions de 1988 comme contraires aux droits humains et ont tenté de qualifier des personnalités comme [l’ancien président du régime, Ebrahim] Raïssi d’“Ayatollah des exécutions”, l’opinion publique apprécie la nécessité d’une telle action légitime.»
Suite à la récente guerre entre le régime iranien et Israël, le régime a intensifié la répression contre ses citoyens, lançant une vague de convocations, d’arrestations, ainsi que de condamnations à mort et d’exécutions.
Les services judiciaires et de renseignement du régime iranien ont accusé plusieurs détenus d’« espionnage » et de « collaboration » avec Israël.
Le 25 juin, Amnesty International a alerté sur le fait que le régime iranien recourt aux exécutions pour réprimer la dissidence et instiller la peur dans la société.
Projet de loi visant à renforcer les sanctions contre les opposants
Le 23 juin, les membres du parlement iranien ont approuvé les dispositions générales et détaillées d’un projet de loi en neuf articles renforçant les sanctions pour « espionnage » et « collaboration » avec Israël, les États-Unis et les « États hostiles à la sécurité et aux intérêts nationaux ».
En vertu de ce projet de loi, toute « activité de renseignement, d’espionnage ou opérationnelle » pour le compte d’Israël, des États-Unis ou d’« autres régimes et groupes hostiles ou de leurs agents contre la sécurité ou les intérêts nationaux » est qualifiée de « corruption sur terre » et passible de la peine de mort.

