Le département d’État américain a annoncé de nouvelles sanctions contre dix-sept entités, individus et navires impliqués dans l’exportation de pétrole iranien. Cette mesure, qui coïncide avec de nouvelles sanctions du département du Trésor, vise à limiter les revenus pétroliers de Téhéran utilisés pour son programme nucléaire et ses activités régionales.
Le jeudi 20 novembre, le département d’État américain a annoncé des sanctions contre dix-sept entités, individus et navires jouant un rôle clé dans la facilitation de la vente et du transfert du pétrole brut et des produits pétroliers du régime iranien.
Cette action s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour restreindre les sources de financement que Washington accuse « le régime iranien d’utiliser pour faire progresser son programme nucléaire, soutenir des groupes affiliés et déstabiliser la région ».
Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a déclaré :
« Perturber les revenus du régime iranien est essentiel pour contribuer à freiner ses ambitions nucléaires. »
Le Département d’État américain affirme que le régime iranien s’appuie sur un vaste réseau de sociétés de services maritimes, la « flotte parallèle », et de courtiers pétroliers opérant dans divers pays pour acheminer son pétrole vers des acheteurs par des méthodes trompeuses et clandestines.
Les États-Unis déclarent que ce réseau, en transportant des millions de barils de pétrole brut iranien et en opérant dans des zones maritimes très fréquentées, menace la sécurité maritime et la liberté de navigation.
Ces sanctions ont été imposées en vertu du décret présidentiel 13846, qui prévoit le gel de tous les biens et intérêts des personnes et entités désignées aux États-Unis ou sous le contrôle de ressortissants américains.
Sanctions contre des sociétés de services maritimes singapouriennes
Dans le cadre de ces sanctions, la société STRASSELINK, basée à Singapour, et ses dirigeants ont été désignés pour avoir fourni treize services de pilotage à des pétroliers de la National Iranian Tanker Company (NITC) entre janvier et août 2025.
Selon les autorités américaines, cette société a permis le transport de plus de 20 millions de barils de pétrole brut iranien en guidant ces pétroliers.
Sanctions contre cinq entreprises gérant la « flotte parallèle » iranienne
Cinq entreprises supplémentaires, basées à Singapour, aux Émirats arabes unis, au Vietnam, aux Îles Marshall et aux Seychelles, ont été sanctionnées pour avoir géré des pétroliers impliqués dans le transport de millions de barils de pétrole iranien. Ces navires dissimulent souvent l’origine de leur cargaison en désactivant les systèmes de suivi et en effectuant des transbordements de navire à navire.
Les compagnies maritimes ANBO SHIPPING PTE, ARKADIA MARITIME, ERST GROUP LTD et plusieurs autres ont été sanctionnées. Selon les États-Unis, ces entreprises ont participé au chargement de pétrole iranien à partir de navires sous sanctions.
Ciblage des négociants de produits pétroliers iraniens
Par ailleurs, trois sociétés de négoce basées en Inde et aux Émirats arabes unis ont été sanctionnées pour avoir acheté, vendu ou transféré des produits pétroliers d’origine iranienne, notamment du bitume et d’autres produits raffinés. Le Département d’État américain indique que les revenus tirés de ces produits constituent également une part importante des recettes du régime.
Mise à jour de la liste des sanctions du Trésor américain
Dans sa dernière mise à jour, le département du Trésor américain a ajouté des personnes physiques, des entreprises, des navires et des aéronefs à la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN). Washington accuse ces entités de jouer un rôle dans le contournement des sanctions pétrolières, la facilitation des réseaux de transferts financiers et le soutien logistique aux activités régionales du régime iranien.
Ces personnes possèdent la nationalité iranienne, singapourienne, malaisienne, indienne ou bulgare, et certaines sont liées à des entreprises et compagnies aériennes sanctionnées.
Selon le département du Trésor, plusieurs de ces personnes, dont deux citoyens singapouriens, ont participé directement à des transferts maritimes de pétrole iranien. Plusieurs autres Iraniens ont été désignés pour leur implication dans des réseaux de « soutien financier et logistique » liés aux Gardiens de la révolution iraniens et à des compagnies pétrolières sanctionnées.
Blocage des avoirs et interdiction des transactions
Conformément à la réglementation des sanctions, tous les biens appartenant aux personnes physiques ou morales désignées, situés aux États-Unis ou sous le contrôle de ressortissants américains, seront bloqués, et toute transaction avec elles est interdite sans autorisation spéciale.
Le gouvernement américain souligne que l’objectif de ces sanctions est un « changement de comportement », et non une punition, et se dit prêt à envisager de retirer des individus de la liste si la situation évolue.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a rétabli la politique de pression maximale contre le régime iranien et a mis en œuvre plusieurs séries de sanctions.

