Heydar Henryan Mojarad, commandant du deuxième district de la marine des Gardiens de la révolution, a annoncé que cette force militaire avait arraisonné un navire battant pavillon d’Eswatini dans le golfe Persique et arrêté ses treize membres d’équipage.
Le dimanche 30 novembre, Henryan Mojarad a déclaré à la télévision d’État iranienne que le navire avait été arraisonné pour « contrebande de 350 000 litres de gazole (diesel) en provenance d’Iran ».
Le commandant des Gardiens de la révolution a ajouté que le navire avait été arraisonné « en vertu d’un mandat judiciaire » et transféré au large de Bushehr, où son carburant « est en cours de déchargement et sera remis à la société de raffinage et de distribution de produits pétroliers de Bushehr ».
Il a également précisé que les membres d’équipage arrêtés étaient « originaires d’Inde et d’un pays voisin ».
Ce n’est pas la première fois que les Gardiens de la révolution iraniens arraisonnent des navires dans le golfe Persique ou le golfe d’Oman sous l’accusation de « contrebande de carburant ».
Le 29 novembre, Ali Salami-zadeh, procureur de l’île de Kish, a annoncé la saisie de deux navires transportant 80 000 litres de carburant de contrebande dans les eaux du golfe Persique.
En mars, la marine des Gardiens de la révolution iraniens (CGRI) a annoncé la saisie de deux pétroliers étrangers, le « Star 1 » et le « Winteg », dans le golfe Persique.
Dans son communiqué de l’époque, le CGRI a qualifié ces pétroliers de « barons du trafic de carburant » et a ajouté que les navires, avec un équipage total de vingt-cinq personnes à bord, transportaient plus de trois millions de litres de gazole de contrebande.
La « contrebande de carburant » comme prétexte à la hausse des prix de l’essence
Les responsables du régime iranien invoquent généralement la « contrebande de carburant » comme l’une des principales justifications de la hausse des prix des carburants sur le marché intérieur.
En janvier 2025, Massoud Pezeshkian, président du régime iranien, a déclaré que vingt à trente millions de litres d’essence étaient introduits clandestinement chaque jour en Iran, qualifiant la situation de « catastrophe ».
M. Pezeshkian a affirmé : « Ce volume de contrebande, provenant d’une chaîne d’approvisionnement dont nous contrôlons la production et la distribution, est absolument inacceptable. »
Cependant, un tel trafic de carburant à grande échelle est impossible sans l’implication des Gardiens de la révolution. Ces derniers contrôlent toutes les importations et exportations via des ports et aéroports non officiels.
En juillet 2011, lors d’une conférence sur la lutte contre la contrebande, Mahmoud Ahmadinejad, ancien président du régime iranien, a déclaré que les profits tirés de la contrebande en Iran « tenteraient tous les contrebandiers de haut niveau du monde, sans parler de nos propres frères contrebandiers ».
Cette remarque faisait clairement allusion au rôle des institutions sécuritaires et militaires – et notamment des Gardiens de la révolution – dans la contrebande organisée en Iran.

