Hossein Samsami, membre du Majlis (Parlement iranien), a annoncé que les recettes en devises étrangères provenant des exportations hors pétrole, pour la période 2018-novembre 2025, s’élevant à environ 76 milliards de dollars, n’ont pas été restituées. Ce montant atteint désormais 85 milliards de dollars.
Il a déclaré : « La question des devises étrangères et des restrictions de change est un enjeu majeur pour le pays. Les recettes en devises provenant des exportations hors pétrole entre 2018 et novembre 2025, s’élevant à environ 76 milliards de dollars, n’ont pas été reversées, ce qui signifie que des obligations arrivées à échéance n’ont pas été honorées. Ce montant atteint désormais 85 milliards de dollars, soit une augmentation d’environ 9 milliards de dollars en un mois et demi seulement, malgré une forte hausse du taux de change, passé de 700 000 à 1 300 000 puis à 1 400 000 rials. Il est impératif de prendre cette situation au sérieux. »
La flambée des prix des devises étrangères et la dégradation des conditions de vie de la population
Samsami a ajouté : « Les dirigeants du pays sont-ils conscients de la situation actuelle de l’économie et des conditions de vie de la population ? Savent-ils que ces politiques ont entraîné une hausse de 30 à 50 % du prix de la quasi-totalité des biens, des détergents aux produits d’hygiène, en passant par les boissons, l’huile moteur, les pneus, les automobiles et les matériaux de construction ? Le mécanisme est le suivant : lorsque les devises étrangères augmentent, que ce soit par le biais des importations, du marché des matières premières ou des lois de dollarisation adoptées par le Majlis ces dernières années, les prix des biens augmentent.»
Shabakeye Khabar Television (chaîne d’information d’État), 8 février
Samsami avait précédemment déclaré que 20 milliards de dollars de devises étrangères provenant des exportations hors pétrole n’étaient jamais revenus dans le pays. Cet aveu n’est pas une erreur administrative, mais un signe évident de pillage organisé au cœur d’une structure économique qui a permis aux voleurs du régime de s’accaparer le maximum de cette manne.
Pillage organisé et impunité de certains exportateurs
Évoquant une liste de 24 000 exportateurs, Samsami a souligné que l’essentiel des devises non restituées était détenu par quelques centaines d’exportateurs importants. Les noms de grandes compagnies maritimes et pétrochimiques ont été cités, mais aucune mesure n’a été prise. Au lieu d’exercer son autorité sur ces réseaux, le pouvoir en place a gardé le silence.
Politique de change et pillage des ménages
Pour contraindre les exportateurs à restituer leurs devises étrangères, le régime a opté pour une hausse du taux de change officiel. Le taux de 400 000 rials pour un rial est passé à environ 700 000 rials, engendrant une forte inflation. Samsami a clairement affirmé que cette décision revenait à voler directement les ménages pour enrichir les exportateurs. Dans ce processus, le pouvoir en place a sciemment sacrifié le peuple pour préserver les intérêts d’un groupe restreint. Le pillage organisé est ainsi devenu politique officielle.
Le marché des changes et l’effondrement de l’autorité du régime
Ce député a également souligné le rôle des marchés étrangers, tels que Souleimaniye (en Irak) et Hérat (en Afghanistan), dans la détermination du taux de change. Il a déclaré : « Le taux de change du pays est en réalité fixé par une poignée d’individus situés de l’autre côté des frontières, et l’ensemble du pouvoir en place s’y adapte.» Ces propos illustrent clairement l’effondrement de l’autorité économique du régime d’Ali Khamenei. Un régime qui prétend contrôler le pays est, dans les faits, soumis à des réseaux opaques et corrompus.

