Mardi 17 mars, dix-huitième jour du conflit armé de grande ampleur entre les États-Unis, Israël et l’Iran, les développements militaires et diplomatiques restent intenses. La guerre, qui a débuté fin février, est entrée dans une phase critique et se caractérise par des attaques ciblées contre les dirigeants du régime iranien, un renforcement des restrictions intérieures et des inquiétudes internationales quant à une crise énergétique.
Efforts diplomatiques de l’Union européenne pour apaiser les tensions
Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, a déclaré mardi à Reuters, à Bruxelles, qu’elle appelait à un cessez-le-feu immédiat et soulignait que la guerre ne profitait à aucune des parties. Elle a indiqué que l’Union européenne consultait les pays du Moyen-Orient afin de trouver une solution diplomatique et était prête à contribuer à la réduction des tensions par la voie diplomatique. Évoquant la situation critique dans le détroit d’Ormuz, Mme Kallas a affirmé que l’Europe n’excluait pas de participer aux efforts visant à rétablir la liberté de navigation, mais que cela devait se faire dans un cadre diplomatique.
Elle a également déploré que l’Europe n’ait pas été consultée avant le début de la guerre, affirmant que si de telles consultations avaient eu lieu, des efforts auraient été déployés pour prévenir le conflit. Mme Kallas a averti que la persistance des tensions dans le détroit d’Ormuz pourrait entraîner une crise énergétique et alimentaire ainsi qu’une perturbation généralisée du commerce mondial. L’Union européenne a souligné qu’il ne s’agissait pas d’une guerre européenne et n’a manifesté aucune volonté d’étendre sa mission navale au détroit d’Ormuz.
Frappes aériennes israéliennes sur Téhéran et ciblage de hauts commandants
Mardi matin, des frappes aériennes sur Téhéran ont porté un coup dur à la structure sécuritaire et aux dirigeants du régime iranien. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé la mort d’Ali Larijani (secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale) et de Gholamreza Soleimani (commandant de la milice Bassidj des Gardiens de la révolution iraniens). M. Katz a déclaré que lui-même et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avaient ordonné la poursuite des frappes contre les cadres dirigeants du régime. Les médias israéliens et quatre responsables israéliens ont confirmé l’information à Reuters, tandis que les autorités iraniennes gardent le silence pour l’instant. L’agence de presse Tasnim, affiliée aux Gardiens de la révolution, a affirmé que Larijani publierait un message, mais seule une image non datée de son ancienne écriture, faisant référence aux funérailles des marins du destroyer Dena, a été diffusée. Ces affirmations n’ont été ni confirmées ni infirmées officiellement par Téhéran.
Par ailleurs, des images et des vidéos de frappes précises ont été diffusées, notamment le bombardement du bâtiment de la Fondation des Martyrs (une importante institution d’État) situé à l’angle des rues Bahar et Taleghani à Téhéran, ainsi qu’une frappe de drone contre un véhicule d’une unité spéciale de la police place Enghelab, qui a détruit le véhicule et tué le conducteur. Ces attaques témoignent de l’attention portée par Israël aux objectifs sécuritaires et militaires de la capitale.

et répression intérieure
La coupure d’Internet en Iran entre dans son dix-huitième jour et les citoyens restent privés d’un accès libre aux communications. Le ministère du Renseignement du régime a affirmé avoir découvert et confisqué des centaines de systèmes Starlink (prétendument sous l’égide des États-Unis et d’Israël). Cette annonce intervient alors que les autorités ont restreint l’accès à Internet, le limitant aux seuls réseaux alignés sur le régime. Cette coupure est utilisée comme outil de répression pour empêcher la diffusion d’informations et d’images des attaques et pour contrôler la circulation de l’information. Selon des rapports internationaux, cette coupure a débuté en janvier et le trafic Internet a chuté à environ 1 % de son niveau normal.
Conséquences plus larges de la guerre
Cette journée a été marquée par une hausse des prix mondiaux de l’énergie, alors que la menace qui pèse sur le détroit d’Ormuz persiste. Tandis qu’Israël concentre ses efforts sur les dirigeants du régime iranien, l’Iran riposte par des attaques de missiles et de drones. Tout indique que le conflit demeure une guerre d’usure, sans perspective de cessez-le-feu immédiat. L’Union européenne privilégie la diplomatie, mais sa réticence à s’engager militairement directement maintient la pression sur les États-Unis et Israël.
Le dix-huitième jour de la guerre a une fois de plus démontré que le conflit n’est pas seulement militaire, mais qu’il comporte également de profondes dimensions économiques, communicationnelles et humanitaires, et qu’il a profondément affecté l’avenir de la région.

