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La hausse du prix de l’essence en Iran déclenche une nouvelle bataille autour des moyens de subsistance de la population

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Alors que la crise économique, l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat persistent en Iran, les récentes déclarations de Hamid Rasai — un membre du Parlement du régime iranien — concernant la possibilité d’une forte augmentation du prix de l’essence ont, une fois de plus, ravivé les inquiétudes quant à la pression croissante exercée sur les moyens de subsistance de la population. Ces propos interviennent à un moment où une large partie de la société peine déjà sous le fardeau de l’inflation et de la flambée des prix ; toute nouvelle décision économique risquerait dès lors de déclencher une nouvelle vague de mécontentement populaire.

Dans une publication sur le réseau social X, M. Rasai a écrit qu’il existe, au sein du gouvernement, une faction qui — selon lui — perçoit la solution aux problèmes économiques dans la déréglementation des prix et l’augmentation des coûts. Il a affirmé que cette faction a l’intention de réduire les quotas d’essence subventionnée et d’augmenter le prix de l’essence non subventionnée.

Ces déclarations surviennent alors même que la hausse du prix de l’essence constitue, depuis plusieurs années, l’une des questions économiques et sociales les plus sensibles en Iran. Le souvenir de la soudaine augmentation du prix du carburant en novembre 2019 reste vif dans la mémoire collective, et de nombreux citoyens perçoivent tout changement dans les tarifs des carburants comme le prélude à une nouvelle vague de hausses des prix des biens et services.

Hausse du prix de l’essence et persistance des politiques inflationnistes

M. Rasai a par ailleurs imputé à cette même faction économique la responsabilité de la suppression du taux de change préférentiel. Il a soutenu que le résultat de ces politiques a été l’imposition à la population du taux d’inflation le plus élevé enregistré depuis la révolution de 1979. Sans toutefois évoquer le rôle de la structure dirigeante dans son ensemble face à la crise économique, le député a tenté de présenter une partie du gouvernement comme directement responsable de l’aggravation des pressions pesant sur les moyens de subsistance des citoyens.

Cependant, les experts économiques ont maintes fois souligné que la crise inflationniste, l’effondrement de la valeur de la monnaie nationale et la flambée généralisée des prix sont le résultat de décennies de corruption structurelle, d’inefficacité administrative et du coût exorbitant des politiques menées par le régime. Dans un tel contexte, toute augmentation du prix de l’essence risquerait d’affecter rapidement les coûts de transport, les prix des denrées alimentaires et ceux des biens de première nécessité, rendant la vie encore plus difficile pour des millions de citoyens.

Parallèlement, ces déclarations ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. De nombreux utilisateurs ont exprimé leur crainte de voir se répéter les scénarios de hausses passées du prix des carburants. D’autres ont interprété la résurgence des dissensions entre les responsables du régime comme le signe d’une intensification de la crise au sein même de la structure du pouvoir.

Déchirements au sein du régime autour de la hausse du prix de l’essence
Dans une autre partie de son intervention, Rasai a pris pour cible Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement. Il a affirmé que ce dernier, en faisant sceller le Parlement de manière injustifiée, a empêché les législateurs d’exercer leur contrôle sur les décisions gouvernementales. Selon Rasai, la situation s’est dégradée à tel point que l’accomplissement des tâches parlementaires est devenu difficile, et que le Parlement a été plongé dans un état de paralysie délibérée.

Ces derniers mois, les différends entre les diverses factions du régime concernant la gestion de la crise économique se sont intensifiés. Chaque faction tente de rejeter sur les autres la responsabilité de la situation actuelle, tandis que le poids principal de ces crises continue de peser sur la population.

La hausse du prix de l'essence en Iran déclenche une nouvelle bataille autour des moyens de subsistance de la populationÀ l’heure où l’inflation demeure élevée et où le coût de la vie continue d’augmenter chaque jour, la relance du débat sur la hausse du prix de l’essence a ravivé les inquiétudes sociales. Parallèlement, les révélations et les joutes verbales entre les responsables du régime brossent le tableau d’un désordre et d’une crise au sein même des structures décisionnelles du pays — une crise dont les conséquences affectent directement le quotidien de la population.

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