La grève de la faim collective menée par les condamnés à mort de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar, à Karaj, est entrée dans sa dixième journée ce mardi 21 juillet. Avec la participation d’environ 1 500 détenus répartis dans huit quartiers, ce mouvement constitue l’une des plus importantes actions de protestation de condamnés à mort de ces dernières années.
La grève a débuté le 13 juillet après le transfert de six condamnés à mort vers l’isolement, une mesure que les détenus ont perçue comme le prélude à leur exécution. Les manifestants exigent l’arrêt des exécutions, notamment pour les affaires liées à la drogue, ainsi que le retour des détenus transférés dans les quartiers de détention ordinaires.
Face à l’absence de réponse à leurs revendications, la protestation est entrée dans une nouvelle phase. Des informations font état de détenus s’étant cousu les lèvres en signe de protestation et ayant entamé, en plus de la grève de la faim, une grève de la soif. Des sources bien informées ont également signalé une détérioration de l’état physique de plusieurs participants, se manifestant par une grande faiblesse, une perte de vigueur physique et, pour certains, un besoin de soins médicaux.
Parallèlement, des vidéos provenant de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar montrent que les détenus continuent de refuser la nourriture pénitentiaire. Selon eux, bien que plus d’une semaine se soit écoulée depuis le début du mouvement, ni les responsables de la prison ni les autorités judiciaires n’ont pris de mesures pour traiter leur situation ou répondre à leurs revendications.
Coïncidant avec le dixième jour de la grève, les détenus de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar ont publié une déclaration appelant le public, les médias indépendants, les organisations de défense des droits humains et l’opinion publique dans son ensemble à se faire leur porte-voix. Dans ce communiqué, ils soulignent qu’outre les quelque 1 500 grévistes de Ghezel Hesar, plus de 5 000 condamnés à mort dans diverses prisons d’Iran sont également menacés d’exécution.
Le communiqué indique :
« Aujourd’hui marque le huitième jour de la grève de la faim et de la soif (grève sèche) observée par 1 500 condamnés à mort de la prison de Ghezel Hesar et plus de 5 000 autres à travers le pays, pour qui la corde et la mort sont plus proches que leur veine jugulaire. Nous appelons instamment tous les médias indépendants, les organisations de défense des droits humains et le public à se faire la voix de ceux qui n’en ont pas. »
Les détenus ont appelé la population iranienne à ne pas rester silencieuse face à la vague d’exécutions et à soutenir les condamnés à mort en scandant « Non aux exécutions ».
L’escalade de la contestation, marquée par des actes tels que la couture des lèvres et la grève de la faim et de la soif, a considérablement accru les inquiétudes quant à la santé des détenus. Les familles des prisonniers et les militants des droits humains ont averti que la prolongation de cette situation pourrait mettre gravement en péril la vie de plusieurs grévistes.
La protestation massive des détenus de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar est considérée comme
l’une des contestations collectives les plus inédites menées par des condamnés à mort ces dernières années, tant par le nombre de participants et la durée du mouvement que par les méthodes employées, notamment la couture des lèvres et la grève de la faim et de la soif. Toutefois, au moment de la rédaction de ce rapport, rien n’indique que les autorités aient répondu aux revendications des détenus ; ces derniers ont déclaré qu’ils poursuivraient leur mouvement jusqu’à ce que les exécutions cessent et que leurs exigences soient satisfaites.

