L’agence de presse publique ILNA a rapporté que, bien que les responsables du régime iranien aient insisté sur le maintien des services publics dans les conditions actuelles, de nombreux travailleurs du sud de l’Iran sont privés de salaire depuis des mois. Alors qu’ils sont tenus de se présenter au travail en temps de guerre, ils attendent toujours d’être payés.
Dimanche 19 juillet, l’ILNA a indiqué que les employés municipaux chargés des parcs et espaces verts à Chabahar, ainsi que les ouvriers des chantiers du port Shahid Beheshti (province du Sistan-et-Baloutchistan), sont confrontés à des impayés de salaire et à une précarité de l’emploi. Des rapports en provenance des provinces de Bouchehr et d’Hormozgan font également état de problèmes similaires pour les travailleurs.
Selon le rapport, la chaleur insupportable, les coupures répétées d’eau et d’électricité ainsi que la flambée des prix exercent une pression supplémentaire sur les ménages de la classe ouvrière. Cette situation est aggravée, dans les provinces du sud de l’Iran, par les salaires impayés, les conditions de guerre et l’insécurité.
L’ILNA a ajouté : « À une époque où le pays traverse une situation critique, certains de ces travailleurs figurent parmi les premiers intervenants chargés, à la suite d’incidents liés au conflit, de déblayer les zones touchées, d’assurer le maintien des services municipaux et de rétablir la normalité. »
Ces derniers jours, les attaques menées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz ont entraîné une escalade des hostilités régionales.
Le 8 juillet, le président américain Donald Trump a qualifié ces attaques de violation du protocole d’accord d’Islamabad et a annoncé la fin du cessez-le-feu avec le régime iranien.
Depuis lors, l’armée américaine a mené des frappes contre des positions du régime iranien, notamment dans le sud du pays.
Critiques concernant la situation des travailleurs sous contrat en temps de guerre
Abdollah Mokhtari, un militant syndical, a déclaré le 19 juillet à l’ILNA que les travailleurs sous contrat ont été délaissés malgré les conditions de guerre, la chaleur extrême et les pressions économiques. Il a affirmé que la gestion opérationnelle, la prise de décision, les avantages sociaux et les ressources ont été confiés à « un groupe spécifique ».
Il a ajouté : « L’entrepreneur prélève une partie du salaire du travailleur sous prétexte de frais de gestion et de charges générales, en tire profit, puis, au bout d’un certain temps, ne verse même pas le solde du salaire, traitant ainsi le travailleur comme un esclave. » Il a poursuivi : « L’employé qui travaille aujourd’hui sur le terrain pour assurer les services n’a toujours pas été payé. En revanche, si l’on examine les fiches de paie des cadres, on constate qu’ils ont réclamé une augmentation de leur rémunération en raison des conditions liées à la guerre. »
Ces derniers mois, la hausse de l’inflation et la flambée des prix des produits de première nécessité ont exercé une pression économique considérable sur les ménages, compromettant gravement les moyens de subsistance d’une grande partie de la population.
À la suite de l’escalade des tensions entre les États-Unis et le régime iranien, les taux de change sur le marché libre iranien ont continué de grimper, le dollar américain dépassant son précédent record pour franchir la barre des 1,93 million de rials.
Assurer des services en zone à haut risque sans soutien adéquat
Mokhtari a ensuite évoqué la situation des agents des services municipaux, des pompiers et des équipes d’urgence en temps de crise. Il a souligné que, lors d’incidents, les cadres se contentent de donner des ordres, tandis que les travailleurs de première ligne doivent pénétrer dans des zones dangereuses, sécuriser les lieux et rétablir une situation normale.
Le militant syndical a déploré que, malgré les risques encourus, ces travailleurs ne bénéficient d’aucun dispositif de soutien ni de directives spécifiques ; dans de nombreux cas, leurs salaires et leurs heures supplémentaires n’ont même pas été versés.
Le 20 juin, le Conseil de coordination des associations syndicales d’enseignants iraniens a averti, dans un communiqué, que près de 90 % des revenus d’une grande partie des salariés sont consacrés à l’alimentation, ne laissant rien pour le logement, les soins de santé ou l’éducation.

