En pleine période de guerre, le régime iranien a imposé des coupures de courant généralisées aux citoyens et aux industriels, tout en augmentant considérablement les coûts de l’énergie. À travers le pays, la population subit des pertes financières dues aux fluctuations du réseau électrique. Les industries sont également confrontées à des arrêts de production et à une flambée des coûts causée par les pénuries d’énergie. Parallèlement, l’électricité est vendue sur la Bourse de l’énergie iranienne à des tarifs quatre fois supérieurs au prix habituel.
Conditions exceptionnelles du réseau et appels controversés à la population
Le 20 juillet, Abbas Aliabadi, ministre de l’Énergie du régime iranien, a déclaré : « Nous traversons une situation exceptionnelle ; la consommation d’électricité non autorisée et l’activité des mineurs de cryptomonnaies ont accru la demande. Les zones touchées par la guerre sont prioritaires pour l’approvisionnement en électricité, mais certaines villes ne sont pas concernées et nous devons faire preuve de prudence. »
Ces propos interviennent alors que le mécontentement de la population concernant le réseau électrique atteint un sommet. À titre d’exemple, un habitant a partagé une vidéo signalant trois coupures distinctes dans la ville de Fardis, près de Karaj. Ces fluctuations répétées ont provoqué des interruptions de courant à Fardis et dans les zones avoisinantes, endommageant les appareils électroménagers des foyers.
Dans un communiqué publié le 17 juillet, le ministère de l’Énergie a exhorté la population à éteindre les climatiseurs durant les heures de pointe. Selon ce communiqué, chaque foyer devrait couper son système de refroidissement pendant une heure afin de garantir la stabilité de l’approvisionnement électrique dans les régions du sud. L’incapacité du régime à gérer les infrastructures du pays a conduit à faire peser sur les consommateurs finaux la charge de compenser le déficit énergétique. La pression exercée sur les ménages, conjuguée à de sévères restrictions dans d’autres secteurs, témoigne d’une profonde crise structurelle du système énergétique iranien.
Coupures de courant programmées et plaintes des habitants de Téhéran
Le 14 juillet, la compagnie de distribution d’électricité de Téhéran a annoncé que des coupures de courant programmées débuteraient dans la capitale le mercredi 15 juillet. Tavanir, la société publique iranienne de production et de distribution d’électricité, a attribué ces restrictions à la hausse des températures et à une augmentation sans précédent de la consommation d’électricité.
Selon l’avis officiel, les coupures s’effectueront par tranches de deux heures. Toutefois, les autorités ont reconnu que ces interruptions pourraient être prolongées jusqu’à quatre heures dans certaines situations. Cette annonce faisait suite à des informations faisant état de coupures de courant généralisées à Téhéran le 11 juillet.
Justifications techniques des déséquilibres énergétiques et des restrictions industrielles massives
Le responsable de Tavanir a déclaré que la consommation d’électricité avait dépassé la capacité de production du pays. Il a affirmé : « Je ne prétends pas que nous pourrons traverser l’été sans coupures de courant, car notre consommation est supérieure à notre production. »
Deux jours plus tard, le directeur général du service clientèle de Tavanir a promis que les avis de restriction d’électricité seraient communiqués 48 heures à l’avance. Abdolamir Yaghouti a présenté les mesures d’économie d’énergie demandées au public comme le seul moyen d’éviter l’effondrement du réseau face à ce qu’il a qualifié de « gestion de la charge ». Il a soutenu que la hausse des températures réduisait le rendement des centrales électriques et qu’une partie de l’électricité produite était consommée pour le refroidissement des installations elles-mêmes.
Parallèlement, Arman Khaleghi, secrétaire général de la Chambre de l’industrie, a indiqué que l’approvisionnement en électricité des sites de production était désormais limité à deux jours par semaine. Il a prédit que ces restrictions finiraient par s’étendre aux soirées et aux heures nocturnes.
La crise de l’électricité s’est intensifiée vers la fin du mois persan de Tir (mi-juillet), après une réduction de 90 % des quotas d’électricité alloués aux cimenteries. Le 13 mai 2026, le journal *Asr-e Iran* a révélé que les allocations d’électricité pour certaines industries avaient été ramenées de 8 mégawatts à 2 mégawatts.
Ali Akbar Alvandian, secrétaire de l’Association iranienne du ciment, a déclaré qu’une exploitation à 10 % de la capacité n’était pas économiquement viable pour les usines.
Alors que les industriels sont déjà confrontés à des pénuries de liquidités et à un accès limité aux matières premières, le manque d’électricité porte le coup de grâce au secteur industriel.
Coupures de courant et électricité vendue quatre fois son prix sur la Bourse de l’énergie
Le régime iranien exerce une pression supplémentaire sur les industriels en vendant de l’électricité sur la Bourse de l’énergie à un tarif quatre fois supérieur à la normale. Tandis que les citoyens et les industries subissent les pertes engendrées par les coupures de courant récurrentes et le coût élevé de l’électricité, les revenus générés par ce déséquilibre alimentent les caisses de l’État.
Cette stratégie alimente non seulement l’inflation des produits de première nécessité, comme le ciment, mais érode également la confiance du public. La persistance des coupures de courant, conjuguée aux hausses des prix de l’énergie imposées par le gouvernement, témoigne clairement de l’inefficacité et de l’incompétence des politiques économiques et infrastructurelles.
Ces problèmes existaient bien avant les développements récents et ont été aggravés par des politiques inefficaces. Dans ce contexte, augmenter les prix de l’électricité sur la bourse de l’énergie et imposer des coûts plus élevés aux industries et aux citoyens, sans pour autant améliorer la stabilité du réseau, n’a fait qu’accroître la pression économique.

