La crise de l’eau en Iran a atteint un stade critique où les coupures d’eau sont devenues quotidiennes dans de nombreuses villes. Parallèlement, les médias nationaux, les statistiques des institutions compétentes et les témoignages de citoyens montrent que les restrictions généralisées sur l’approvisionnement en eau potable affectent la vie de millions de personnes. Le régime iranien tente de présenter cette crise comme une catastrophe naturelle, alors que la mauvaise gestion, la surexploitation des ressources à des fins militaires et les effets de la sécheresse et du changement climatique ont aggravé la situation.
Dans le même temps, un citoyen a déclaré dans une vidéo publiée le 18 juillet que l’eau courante était coupée dans certains quartiers de Shahriar depuis environ une semaine. Selon lui, les habitants se tournent vers les camions-citernes de la Compagnie des eaux et des eaux usées de la province de Téhéran pour obtenir l’eau dont ils ont besoin et la transportent chez eux dans des conteneurs.
Crise de l’eau ; Aggravation du stress hydrique dans des dizaines de villes du pays
L’agence de presse officielle IRNA a rapporté le 21 juillet, citant le secrétaire général de la Fédération iranienne de l’industrie de l’eau, que 34 villes du pays sont actuellement confrontées à un stress hydrique et à des problèmes d’approvisionnement en eau potable.
Alireza Shariat, secrétaire général de la Fédération iranienne de l’industrie de l’eau, a déclaré concernant les ressources en eau de Téhéran que près de 60 % de la population du pays est concentrée dans la province de Téhéran, et que ces régions n’ont pas reçu suffisamment de précipitations. Il a ajouté qu’une part importante de l’eau de Téhéran provient des eaux de surface et des barrages, mais que cinq années consécutives de sécheresse ont fait qu’une pluviométrie suffisante, même en une seule année, ne peut compenser les pénuries actuelles.
Il a décrit la réduction des pertes d’eau dans les réseaux de distribution comme l’une des mesures les plus essentielles. Selon lui, dans certaines villes, malgré les investissements dans la production d’eau par dessalement, une part importante de l’eau produite est perdue en raison de la détérioration des réseaux de transport.
Cet expert a également souligné que le réseau d’eau de Téhéran se détériore de façon généralisée et que le niveau réel des pertes d’eau est probablement supérieur aux chiffres officiels. Selon lui, la réduction de ce gaspillage permettrait de créer une capacité équivalente à la construction d’un ou deux nouveaux barrages pour alimenter la capitale en eau.
Mise en garde concernant l’avenir des ressources en eau et l’aggravation de la crise de l’eau
Shariat a averti que si l’approche actuelle de la gestion des ressources en eau se poursuit, alors que la hausse des températures et la baisse des précipitations persistent, certaines parties du plateau central iranien risquent de connaître un effondrement environnemental dans les années à venir.
Il a ajouté que les ressources en eau par habitant dans de nombreuses zones du plateau central sont bien inférieures aux normes internationales, ce qui témoigne de la gravité de la crise de l’eau dans ces régions.
Malgré la persistance de cette situation, les responsables du régime continuent d’invoquer divers facteurs pour expliquer les pénuries d’eau. Abbas Aliabadi, ministre de l’Énergie du régime, a affirmé dans une interview accordée à la chaîne de télévision d’État IRIB que les attaques américaines « ont affecté une grande partie des capacités énergétiques et hydrauliques du pays ».
En revanche, les rapports officiels montrent que les problèmes actuels résultent d’un processus de longue haleine. La crise de l’eau affecte la vie des citoyens depuis des années et ses conséquences sont désormais manifestes dans de nombreuses provinces.
Pénurie d’eau, coupures d’eau et tensions croissantes dans les provinces
L’agence de presse IRNA a rapporté le 11 juillet que la sécheresse qui sévit dans le Khorasan du Sud, depuis le début de l’année hydrologique 1999-2000, en est à sa 26e année consécutive.
Abbas Sarani, directeur général de la Compagnie régionale des eaux du Khorasan du Sud, a annoncé que le déficit cumulé en eau souterraine de la province au cours des 30 dernières années a atteint 4,2 milliards de mètres cubes. Il a également signalé des affaissements de terrain observés dans 17 zones d’étude de la province.
Peter H. Gleick, cofondateur du Pacific Institute et l’un des chercheurs en eau les plus reconnus au monde, a averti que le prélèvement excessif d’eau souterraine est l’une des formes les plus dangereuses d’utilisation non durable de l’eau, car la restauration de nombreuses nappes phréatiques peut prendre des décennies, voire des siècles.
La combinaison des statistiques officielles, des rapports des médias nationaux et des déclarations des citoyens montre que la crise de l’eau a dépassé le stade de l’alerte et a entraîné des perturbations généralisées de l’approvisionnement en eau potable dans de nombreuses villes iraniennes. Cet écart entre les réalités du terrain et les positions officielles démontre l’incompétence du gouvernement dans la gestion des ressources en eau et révèle les véritables dimensions de la crise de l’eau en Iran. Le Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau des Nations Unies a souligné à plusieurs reprises que la crise de l’eau n’est pas simplement un problème naturel, mais qu’elle dépend de la qualité de la gouvernance, de la transparence, de la planification et de la gestion des ressources. Le rapport indique qu’une mauvaise gestion, l’exploitation des ressources au-delà de leurs capacités et les retards dans la réforme des politiques multiplient les effets de la sécheresse et du changement climatique.

