IranNucléaireUne bombe venue de Paris

Une bombe venue de Paris

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The Wall Street Journal, 2 février – Sans surprise, la vie politique de Jacques Chirac, qui a débuté il y a 45 ans, a toutes les chances de se terminer un peu plus tard cette année lorsque les Français vont élire un nouveau chef d’État. L’actuel président va certainement être très regretté à Téhéran.

Le président français a prononcé un adieu retentissant dans une interview publiée hier dans le New York Times, l’International Herald Tribune et Le Nouvel Observateur. Lundi, M. Chirac a contredit des années de rhétorique publique en se proclamant indifférent à un Iran nucléaire. « Le fait d’avoir une bombe nucléaire – une, peut-être une deuxième un peu plus tard, ce n’est pas très dangereux », a affirmé M. Chirac. « Il [l’Iran »> va l’envoyer où, cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée. »

Ses conseillers se sont vite aperçus que le chef d’État avait commis l’impair de dire ce que tout le monde pense qu’il pense vraiment, et ont donc supprimé ces passages de la transcription officielle de l’interview. Les journalistes ont reçu un appel du président mardi, dans lequel il a précisé : « J’aurais dû faire plus attention à ce que je disais ; je me suis rendu compte que l’interview était peut-être officielle ».

Bien entendu, Téhéran n’a pas attendu une telle clarification. De manière officielle ou non, M. Chirac a tout simplement confirmé ce que les mollahs pensent depuis longtemps, c’est-à-dire que les Européens ne cherchent pas sérieusement à empêcher leur pays de devenir nucléaire.

Les propos de Monsieur le président sur l’assurance d’une destruction nucléaire mutuelle peuvent aussi faire l’objet d’une analyse scrupuleuse. Celui-ci semble penser que Téhéran ne lancerait jamais d’attaque de peur de représailles. Mais à supposer qu’Israël soit détruit en premier, quel autre pays se risquerait à contre-attaquer en lançant une attaque nucléaire contre des millions de civils iraniens pour venger Israël ? La France ? Ce même pays qui refuse d’autoriser les jets américains à survoler son territoire pour larguer quelques bombes conventionnelles sur la Libye ? Il est permis de douter que beaucoup d’Israéliens partagent le même point de vue que Chirac sur la force de dissuasion nucléaire contre des Islamistes qui prônent la recherche du martyre.

M. Chirac n’annoncera pas ses intentions politiques avant mars, mais dans un sondage mené récemment, seuls 2% des Français souhaitent qu’ils se représentent. Intérieurement, les conseillers de Chirac pensent que seule une crise de politique étrangère (soit, sur l’Iran) pourrait relancer sa carrière politique. Mais ses propos de cette semaine augmentent les chances que l’Iran devienne effectivement l’objet d’une crise politique, mais on peut au moins espérer qu’il ne sera plus là pour empirer les choses.

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