IranNucléaireUn renfort inespéré pour les "réalistes" de Washington

Un renfort inespéré pour les « réalistes » de Washington

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Le Monde, 4 décembre – Par Daniel Vernet – Depuis quatre ans, la communauté internationale, représentée d’abord par les trois ministres des affaires étrangères allemand, britannique et français, puis par Javier Solana, le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, tente d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

Elle a agi par la négociation, avec un succès très provisoire sur la suspension de l’enrichissement de l’uranium entre décembre 2003 et août 2005, ensuite par l’imposition de sanctions. Face au refus de Téhéran de renoncer à une activité qui est un préalable à la production d’une bombe atomique, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), plus l’Allemagne, sont sur le point de décider une aggravation de ces sanctions.

Le rapport du Renseignement national américain, rendu public lundi 3 décembre, risque de compliquer une situation déjà confuse. S’il montre que les Iraniens ont bien repris l’enrichissement de l’uranium – qui peut servir aussi à la production d’énergie nucléaire civile -, ils ont gelé leur programme militaire nucléaire depuis la fin de 2003. Cette affirmation corrobore en partie une déclaration faite par Vladimir Poutine : « Nous ne disposons pas d’informations selon lesquelles l’Iran veut se doter de l’arme nucléaire », avait dit le président russe devant un Nicolas Sarkozy convaincu du contraire.

Echaudés par leur expérience malheureuse avec l’Irak, où ils avaient cru apercevoir des armes de destruction massive, les services de renseignement américains restent cependant prudents. Ils n’affirment pas que le régime des mollahs a totalement renoncé à se doter de l’arme nucléaire. « Il garde l’option ouverte », disent-ils.

Pour prévenir ce danger, ils préconisent une politique en parfait accord avec la ligne défendue par les « réalistes » de Washington : une combinaison de pressions et d’offres de négociation répondant aux objectifs stratégiques de l’Iran, quelle que soit la nature du pouvoir dans ce pays, à savoir des garanties de sécurité et la reconnaissance de son influence régionale. C’est la position défendue depuis longtemps par plusieurs groupes d’experts. Ce n’est pas celle des « faucons » représentés par le vice-président Dick Cheney, partisan de la manière forte. Le président Bush a jusqu’à maintenant semblé hésiter entre ses différents conseillers.

Si les partisans américains d’un « grand marchandage » peuvent s’appuyer sur le rapport du Renseignement national pour regagner du terrain, les Iraniens, eux, attendent la prochaine administration américaine, persuadés que le temps travaille en leur faveur.

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