Le 13 mars, Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire du régime iranien, a déclaré à la chaîne d’information Shabakeye Khabar (chaîne d’information publique) : « On dit qu’un pipeline a été prolongé de l’aéroport à la mer pour la contrebande… Ce ne peut être l’œuvre d’une personne ordinaire. »
Bien qu’ils soient pleinement conscients de l’ampleur de la catastrophe, les responsables du régime iranien – du président au président du Parlement – n’osent pas nommer le principal responsable. Masoud Pezeshkian, le président du régime, se contente d’affirmer que « quelques millions de litres de carburant sont introduits en contrebande chaque jour », tandis que Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement, remarque prudemment qu’« une entité puissante est derrière la contrebande de carburant ». Cependant, aucun d’eux n’ose mentionner le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI). Ce silence n’est pas dû à l’ignorance, mais à la crainte des conséquences de la dénonciation d’un réseau opérant sous la protection directe du Guide suprême Ali Khamenei.
Des informations parues dans les médias locaux du Baloutchistan, dans le sud-est de l’Iran, révèlent que des dizaines de camions-citernes de carburant, d’une capacité de 36 000 litres chacun, traversent chaque jour les frontières du Sistan-Baloutchistan pour entrer en Afghanistan et au Pakistan. Ce trafic, qui comprend à la fois du carburant et du gaz, est entièrement contrôlé par le CGRI, qui engrange d’importants revenus pour l’organisation militaire. Pour tromper l’opinion publique, le CGRI a ordonné l’assassinat de transporteurs de carburant démunis afin de créer l’illusion que la contrebande est le fait de simples citoyens. Le CGRI, bras armé de Khamenei et principal pilier de la survie du régime, bénéficie d’une immunité totale pour ses crimes. Ejei a ajouté : « Aujourd’hui, l’accumulation des richesses a atteint un point critique, tandis que certaines personnes peinent à subvenir à leurs besoins. » Aujourd’hui, les commandants du CGRI sont devenus le cartel financier le plus puissant du pays, tandis que 96 % des Iraniens souffrent de la
misère et de la pauvreté. La contrebande de carburant n’est qu’une partie de ce pillage systématique qui, avec le soutien de Khamenei, non seulement se poursuit sans contrôle, mais est aussi devenu un outil de maintien de la dictature cléricale.

