Suite à une enquête de Bloomberg sur le réseau d’actifs liés à Mojtaba Khamenei, la société américaine Hilton a lancé un examen de l’opportunité de poursuivre la gestion d’un hôtel en Allemagne. Mojtaba Khamenei est le deuxième fils d’Ali Khamenei, guide suprême du régime iranien.
Bloomberg a rapporté le jeudi 12 février 2026, citant des sources bien informées, que Hilton Worldwide Holdings évalue si le maintien en activité de l’hôtel Hilton Frankfurt Gravenbruch pourrait exposer l’entreprise à un risque de sanctions américaines.
D’après les récentes révélations de Bloomberg, le bénéficiaire final de la propriété est Mojtaba Khamenei, le deuxième fils d’Ali Khamenei, visé par des sanctions américaines depuis 2019.
Possibilité de suspension ou de résiliation du contrat
Selon Bloomberg, l’hôtel Hilton de Francfort est exploité dans le cadre d’un contrat à long terme avec Allsco Gravenbruch Hotelbetriebsgesellschaft mbH, société propriétaire de l’établissement depuis 2011.
Des sources bien informées indiquent qu’après la publication du rapport de Bloomberg, la question de la structure de propriété a été soulevée au plus haut niveau chez Hilton. L’entreprise, outre ses vérifications internes, a également sollicité l’avis d’experts indépendants.
Selon ces mêmes sources, parmi les options envisagées figurent la suspension, voire la résiliation, du contrat de gestion de l’hôtel Hilton de Francfort. La décision finale dépendra des conclusions des évaluations.
Révélations continues sur le réseau financier de Mojtaba Khamenei
La question des liens entre l’hôtel Hilton de Francfort et Mojtaba Khamenei fait suite aux révélations de Bloomberg sur son empire immobilier. Un rapport de Bloomberg daté du 28 janvier 2026 a révélé un vaste réseau d’investissements en Europe et au Moyen-Orient liés à Mojtaba Khamenei.
Le rapport indique que ce réseau comprend un ensemble de propriétés de luxe à Londres, notamment des résidences sur Bishops Avenue – surnommée « l’allée des milliardaires » – ainsi que des hôtels en Europe et des sociétés offshore.
Bloomberg a écrit que la structure des transactions était agencée de telle sorte qu’aucun actif n’était directement enregistré au nom de Khamenei, et que de nombreux achats avaient été effectués au nom d’Ali Ansari, un homme d’affaires iranien avec lequel il entretenait une relation de longue date.
Selon l’enquête, les fonds ayant servi à ces achats ont transité par des comptes bancaires au Royaume-Uni, en Suisse, au Liechtenstein et aux Émirats arabes unis. D’après des sources bien informées, l’origine de ces fonds proviendrait des ventes de pétrole iranien.
Dans un précédent article, Bloomberg décrivait Ansari comme la figure centrale d’un important réseau économique iranien, incluant le projet Iran Mall, les marchés de gros et Ayandeh Bank, une banque privée iranienne. Citant des sources bien informées, le média indiquait que ses liens avec Mojtaba Khamenei remontaient à l’époque où Ali Khamenei était président de l’Iran, dans les années 1980.
Le Royaume-Uni avait inscrit Ansari sur sa liste de sanctions le 30 octobre 2025, l’accusant de soutenir financièrement les activités du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Cependant, selon Bloomberg, son nom ne figure pas sur la liste des sanctions américaines.
Atteinte à la réputation de la marque Hilton
Geraldine Wong, analyste chez DBS Bank à Singapour, a déclaré à Bloomberg que l’exploitation d’un hôtel lié à des personnes sanctionnées pourrait nuire à la réputation de Hilton.
« Les investisseurs pourraient s’interroger sur le cadre ESG de Hilton et les risques d’atteinte à sa réputation liés à l’exploitation d’un actif appartenant à des personnes sanctionnées. »
Elle a ajouté que, compte tenu de la dimension internationale des activités de Hilton, ces risques sont davantage de nature réputationnelle qu’opérationnelle ou financière.
Bloomberg a souligné qu’en tant qu’entreprise américaine, Hilton est tenue de se conformer à la législation américaine sur les sanctions, quel que soit le lieu d’exploitation de ses hôtels.
Selon les informations disponibles sur le site web de Hilton et dans ses documents officiels, dans le cadre de tels accords, le propriétaire local finance les coûts et conserve la propriété de l’établissement, tandis que Hilton fournit la marque, le réseau de clients et, parfois, la gestion quotidienne, sans réaliser d’investissement direct en capital dans le projet.
Cependant, la révélation de l’identité du bénéficiaire effectif de l’hôtel a désormais placé les décisions de gestion de Hilton sous le feu des critiques. Bloomberg a écrit que le choix auquel l’entreprise est confrontée n’est pas uniquement d’ordre commercial et pourrait servir à mesurer son respect des sanctions et sa crédibilité internationale.
Bloomberg a également indiqué que la décision de Hilton intervient à un moment où les gouvernements occidentaux ont renforcé leur surveillance des avoirs liés à l’Iran. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’efforts plus larges visant à répondre à la répression sanglante du soulèvement populaire iranien par le régime iranien, répression qui a fait des milliers de morts.

