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Iran: les USA ne veulent pas dialoguer mais faire cesser les ingérences

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AFP, Washington, 16 mars – La Maison Blanche a indiqué jeudi qu’il n’était pas question d’ouvrir un « dialogue » avec l’Iran en lui proposant des discussions sur l’Irak, et que celles-ci n’auraient aucun effet sur le nucléaire ni les autres litiges entre les deux pays.

Les Etats-Unis entendent par de telles discussions, si elles ont lieu, presser l’Iran de cesser ses ingérences chez son voisin irakien, a dit le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan.
L’ambassadeur américain à Bagdad, Zalmay Khalilzad, a dit la semaine passée avoir fait savoir aux Iraniens que les Américains étaient « prêts à discuter avec eux » des « différends sur l’Irak ».

L’un des plus hauts dirigeants iraniens, Ali Larijani, a répondu a priori favorablement jeudi en parlant de « négocier ».

Ces échanges laissent supposer que Washington et Téhéran pourraient avoir des contacts directs pour la première fois depuis des mois.

Mais « je n’ai pas entendu parler d’ouvrir un dialogue, je ne crois pas que cela soit une description correcte de ce que nous avons dit », a dit M. McClellan.

« Notre ambassadeur est autorisé à parler aux dirigeants iraniens. Mais c’est pour leur répéter les préoccupations que nous avons devant leurs agissements en Irak », a-t-il dit en laissant entendre qu’il s’agissait d’une position de longue date.

Il a aussi souligné que ces éventuelles discussions ne révélaient pas une nouvelle approche diplomatique et n’annonçaient pas un relâchement des pressions américaines sur le nucléaire.
« C’est une question distincte », a-il dit.

« Souvenez-vous, nous avons eu des discussions avec l’Iran par le passé au sujet de l’Afghanistan ». M. Khalilzad disposera d’un « mandat très limité portant précisément sur des questions irakiennes », a-t-il dit.

Au Département d’Etat le ton était aussi au scepticisme. « Le critère important pour nous est l’action plutôt que la rhétorique, que ce soit dans le domaine du terrorisme, de la prolifération nucléaire (…) ou les agissements des Iraniens en Irak. Nous attendons des actions concrètes en réponse à ces inquiétudes et c’est ainsi que nous jugerons l’Iran et non pas sur le fait qu’ils appellent à des discussions », a affirmé Adam Ereli le porte-parole adjoint.

Un haut responsable a ajouté que « de toute façon » l’offre des Iraniens à dialoguer avec l’ambassadeur américain « ne signifie pas grand chose » les Iraniens ayant habitué la communauté internationale à changer très souvent d’avis.

Washington et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980. Des contacts ont cependant été établis, notamment sur l’Afghanistan, après l’attaque de 2001. Ils ont cessé en 2003. Washington vient d’obtenir que l’Iran soit traîné devant le Conseil de sécurité de l’Onu à cause de ses activités nucléaires.

Le président George W. Bush a accusé l’Iran lundi d’être responsable de la mort d’une partie des soldats de la coalition tués en Irak en procurant aux « milices chiites » les moyens de fabriquer des engins explosifs artisanaux.

« Avec l’Iran, nous sommes peut-être confrontés au plus grand défi que nous pose un pays », dit le nouveau document de stratégie de la Maison Blanche publié jeudi.

Ce texte fait de l’Iran le pays le plus menacé par une attaque « préventive », dont le principe est réaffirmé.

Mais les Etats-Unis pourraient en théorie espérer que l’Iran apaise les violences irakiennes. L’Iran, majoritairement chiite comme son voisin, a des liens privilégiés avec les dirigeants de leur communauté en Irak, mais aussi avec certains dirigeants kurdes.

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