Iran and its NeighboursIrakL'Iran accepte de discuter de l'Irak avec les Etats-Unis

L’Iran accepte de discuter de l’Irak avec les Etats-Unis

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AFP, Téhéran, 16 mars – L’Iran s’est déclaré prêt jeudi à discuter avec Washington pour améliorer la situation en Irak, en réponse à la demande du chef du principal parti chiite irakien et des appels au dialogue de l’ambassadeur des Etats-Unis en Irak.

Mais la Maison-Blanche a immédiatement souligné qu’il ne s’agirait pas d’un « dialogue » avec l’Iran, mais d’obtenir que Téhéran cesse ses ingérences en Irak et que de telles discussions n’auraient aucun effet sur le nucléaire et d’autres litiges entre les deux pays.

Si ces discussions se concrétisent, elles marqueraient une reprise des contacts entre Téhéran et Washington après cinq ans de silence, et alors que les Etats-Unis viennent de qualifier l’Iran de « plus grand défi » à leur politique étrangère.

« Nous acceptons de négocier avec les Américains », a dit à la presse le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Ali Larijani, à l’issue d’une intervention au Parlement.

L’Iran « accepte la demande de notre frère (le chef du principal parti chiite irakien Abdel Aziz) Hakim de régler les problèmes et questions irakiennes dans le but de créer un gouvernement indépendant », a-t-il précisé.

M. Larijani, qui est aussi en charge du dossier nucléaire controversé de l’Iran, a indiqué que son pays dirait « plus tard qui sera chargé de ces négociations » et souligné qu’elles porteraient « uniquement sur l’Irak ».

M. Hakim, chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), avait demandé mercredi « à la direction sage de la République islamique (d’Iran) d’ouvrir un dialogue avec les Etats-Unis et d’examiner les points divergents sur l’Irak ».

Le pays est confronté à une vague de violence interconfessionnelle opposant des chiites à des sunnites.

Selon M. Larijani, ce n’est pas la première fois que M. Hakim demandait une telle aide, mais « cela n’avait pas été rendu public ». L’Iran, majoritairement de confession chiite, entretient des relations suivies avec le CSRII.

Vendredi, l’ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Zalmay Khalilzad, avait affirmé avoir « dit aux Iraniens » que les Etats-Unis étaient « prêts à discuter avec eux » des « différends sur l’Irak ».
Le président américain, George W. Bush, avait déclaré le lendemain que quand « les Iraniens essayaient d’influer sur l’issue du processus politique ou sur (…) l’état de la sécurité, nous leur faisons connaître notre mécontentement ».

Ces appels au dialogue sur l’Irak interviennent alors que les Etats-Unis mettent la pression sur l’Iran au sujet de son programme nucléaire controversé.

Washington a souligné qu’il n’était pas question de dialogue et que de telles discussions n’auraient aucun effet sur le nucléaire et d’autres litiges entre les deux pays.

« Souvenez-vous, nous avons eu des discussions avec l’Iran par le passé au sujet de l’Afghanistan, mais ceci est un mandat très limité portant précisément sur des questions irakiennes », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan.

« Je n’ai pas entendu parler d’ouvrir un dialogue, je ne crois pas que cela soit une description correcte de ce que nous avons dit », a-t-il souligné.

« Notre ambassadeur est autorisé à parler aux dirigeants iraniens. Mais c’est pour leur répéter les préoccupations que nous avons devant leurs agissements en Irak », a-t-il dit.

Selon lui, « nos vues et nos préoccupations en ce qui concerne le régime iranien sont très claires et nous avons de nombreuses préoccupations au sujet de ce régime. Les autres questions sont distinctes de celle-ci ». « La question nucléaire est en cours de discussion aux Nations unies entre diplomates du Conseil de sécurité ».

Par ailleurs, la Maison-Blanche a placé l’Iran de loin en tête des pays posant un défi pour la sécurité américaine et s’exposant à une attaque « préventive » si les Etats-Unis la jugent nécessaire, indique un document de stratégie publié jeudi.

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