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La sécurité en Irak au coeur des discussions à Téhéran et Damas

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Reuters, Téhéran, 8 août – Le Premier ministre irakien, le chiite Nouri al Maliki, est arrivé mercredi en Iran pour des entretiens portant sur la sécurité en Irak, où son gouvernement, actuellement dans une passe très difficile, se voit reprocher par les Américains de ne pas se consacrer suffisamment à la réconciliation entre les communautés rivales.

Le porte-parole de Maliki, Ali al Dabbagh, a déclaré avant l’arrivée du chef du gouvernement à Téhéran que la sécurité serait « une priorité » en Iran, pays qui est devenu un important acteur de la situation en Irak depuis l’invasion américaine de 2003. Selon les médias iraniens, les questions économiques et politiques doivent être également au menu des discussions.

Maliki est arrivé en Iran au surlendemain de la première réunion à Bagdad d’une commission irako-américano-iranienne chargée d’améliorer la coopération en vue de stabiliser le pays.

Cette commission a été mise sur pied dans la foulée de discussions déterminantes, tenues en mai et en juillet, également à Bagdad, entre Américains et Iraniens. Il s’agissait des réunions de plus haut rang à avoir lieu entre des représentants des deux pays, qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis la révolution islamique de 1979.

Les Etats-Unis accusent l’Iran d’attiser les violences en Irak, ce que rejette Téhéran, qui en impute la responsabilité aux Américains. Selon les analystes, Téhéran autant que Washington ont intérêt à aider le gouvernement Maliki à rétablir le calme en Irak.

Pour l’heure, le gouvernement irakien, dominé par les chiites, est sous pression pour conclure un accord de partage du pouvoir avec les différentes communautés du pays, à l’approche de la publication en septembre d’un rapport de l’armée américaine et de l’ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad sur la stratégie de Washington en Irak.

Dimanche, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, s’est déclaré déçu par l’absence de progrès réalisés dans le domaine de la réconciliation nationale par Maliki, dont le gouvernement a plongé dans la crise avec la démission ou le boycott de 17 ministres, soit près de la moitié de son cabinet.

Maliki, arrivé à Téhéran en provenance de Turquie où il a également parlé sécurité, devait rencontrer le premier vice-président iranien Parviz Davoudi et plusieurs autres hauts responsables, rapporte l’agence de presse iranienne Fars. Le quotidien iranien Kargozaran écrit pour sa part qu’il signera des accords sur les « questions touchant à la sécurité ».

RÉUNION A DAMAS SUR L’IRAK

Sa venue en Iran coïncide avec une réunion internationale sur la sécurité en Irak qui s’est ouverte mercredi à Damas et doit se poursuivre jeudi. Y participent des responsables irakiens, américains, britanniques, iraniens, turcs et jordaniens.

Les représentants irakiens ont demandé à cette occasion aux pays voisins d’endiguer l’afflux de combattants franchissant leurs frontières pour rejoindre les insurgés, faute de quoi, selon eux, l’islamisme armé risque de connaître un regain dans l’ensemble de la région.

« Le terrorisme va s’étendre à vos territoires parce que vous ne nous aidez pas assez », a déclaré le chef des services de renseignements militaires irakiens, Hussein Kamal.

« Nous souhaitons davantage d’aide de la part de nos voisins, notamment de l’Arabie saoudite et de la Syrie, qui ont pâti des crimes liés à l’insécurité en Irak », a-t-il dit, en faisant allusion à des attaques et attentats islamistes commis dans ces deux pays. « Les accords frontaliers avec nos voisins doivent être appliqués dans les faits. Les personnes recherchées doivent être livrées », a dit Kamal.

Washington affirme que les Syriens permettent un afflux d’armes et de combattants en territoire irakien, ce que démentent les autorités de Damas, pour lesquelles la fin de l’instabilité en Irak et un « retrait honorable » des forces américaines de ce pays sont dans l’intérêt de la Syrie.

Selon les participants, les réunions de la première journée n’ont pas débouché sur un accord de coopération en matière de sécurité.

« L’Irak a soulevé des questions pratiques, et il faut espérer que ces thèmes seront à nouveau abordés demain. Cette conférence sera un succès si nous nous mettons d’accord sur des mécanismes de sécurité », a estimé un diplomate.

Un autre a déclaré que la délégation irakienne avait apporté la preuve de mouvements d’armes et d’activistes à la frontière syrienne.

« Les Irakiens ont choisi de ne pas se placer dans la confrontation. On voit mal comment la Syrie pourrait ne pas souffrir de l’instabilité en Irak », a-t-il estimé.

La délégation syrienne comprenait Mohammad Mansoura, chef de la section des renseignements en charge de la sécurité politique. L’Iran a envoyé un groupe de 15 diplomates et officiers du renseignement, et les Etats-Unis une équipe de diplomates des ambassades de Damas et Bagdad.

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