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Syrie: des milices qui ont subi en Iran et en Russie un entraînement à la guérilla urbaine

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BEYROUTH, 25 avr 2013 (AFP) – Plutôt que de s’épuiser en pourchassant partout ses adversaires, le régime syrien s’est lancé dans la « guerre des autoroutes » pour contrôler les axes routiers stratégiques et cherche à s’emparer de localités stratégiques autour de Damas pour bloquer les insurgés.

Pour réussir cette nouvelle tactique, il compte sur des milices qui connaissent le terrain et ont subi durant plusieurs mois en Iran et en Russie un entraînement à la guérilla urbaine, estiment des experts et des sources au sein des services de sécurité syriens.

« Il y a un changement de stratégie. Fini la guerre sur tout le territoire qui épuise l’armée sans donner de résultats probants. Maintenant le principal théâtre des opérations sont les autoroutes afin de permettre à l’armée de se déplacer facilement entre les villes sous son contrôle », a affirmé une source au sein des services de sécurité.

« Dans la province centrale de Homs, prendre Qoussair permet de relier Homs au littoral, s’emparer de Rastane sécurise la voie entre Homs et Hama, reprendre Maarat al-Noomane raccorde Hama à Alep. Voila les principaux objectifs et reconquérir Raqa, dans le désert oriental n’est pas une priorité », a ajouté cette source à l’AFP.

Le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), partage cet avis. « Contrôler l’autoroute reliant Deraa (sud) au nord ou celle de Damas au littoral est très important pour le régime, car il veut relier les régions où il est présent et montrer aux citoyens qu’ils peuvent s’y déplacer en sécurité », explique Rami Abdel Rahmane.

Soutenus par l’aviation et l’artillerie, les militants du mouvement chiite libanais pro-iranien du Hezbollah, alliés indéfectibles de Damas entraînés depuis des années à la guerre de rue, assiègent aujourd’hui Qoussair et espèrent s’en emparer prochainement, relève Waddah Charara, professeur de sociologie à l’Université libanaise.

Ils sont épaulés par l’Armée de défense nationale (ADN), une milice composée essentiellement de Syriens appartenant à des minorités confessionnelles, notamment les alaouites au pouvoir.

Selon M. Chara, auteur d’un livre intitulé « L’Etat Hezbollah », il y aurait entre 800 et 1.200 combattants du Hezbollah chiite libanais dans la région.

« Avant l’armée était désorientée face à la mobilité des rebelles. Elle n’avait pas de stratégie et frappait à l’aveuglette. Elle ne faisait que réagir, aujourd’hui elle agit selon des plans », constate le directeur de l’OSDH, qui bénéficie d’un large réseau de correspondants dans tout le pays.

Yezid Sayigh, chercheur au Carnegie Middle East Center à Beyrouth insiste sur ce point. « L’armée connait clairement des problèmes de personnel en raison des pertes au combat et du refus d’une partie des conscrits et des réservistes de rejoindre ses rangs », explique ce spécialiste de la Syrie.

« C’est pour cela qu’il est plus avantageux politiquement de laisser les gens servir dans leurs villes natales ou leurs villages, où ils jouissent d’un appui local et seront ainsi plus efficace. L’ADN en est un bon exemple », ajoute-t-il.

Le régime cherche aussi à alléger la pression sur Damas en bouclant la « Gouta orientale », une région agricole à l’est de Damas, fief des rebelles. Selon le quotidien al-Watan proche du pouvoir, la prise mercredi d’Otaybé par l’armée s’inscrit dans une volonté du régime de verrouiller cette région en prenant le contrôle d’un axe reliant l’aéroport international de Damas (sud) à celui militaire de Doumair (nord-ouest) ».

Le chef de l’Etat, cité par des hommes politiques libanais qui l’ont rencontré dimanche, a assuré que le régime agissait selon ses propres plans et « non pas selon les plans que les rebelles veulent lui imposer ».

Pour M. Abdel Rahmane, « maintenant les opérations sont bien planifiées et les objectifs sont précis. Cela s’explique par le fait qu’il y a des officiers iraniens présents au commandement des opérations, de nouvelles armes iraniennes conçues pour ce type de bataille, l’ADN, entraînée pour la guerre urbaine, et une armée régulière qui a aussi acquis de l’expérience en matière de guérilla ».

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