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L’Iran utilise la négligence médicale comme une arme contre les dissidents

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L'Iran utilise la négligence médicale comme une arme contre les dissidents

Par Hamid Yazdan Panah

Le régime iranien emploie de nombreuses méthodes dans sa guerre contre son propre peuple. Cela inclut la torture, l’exécution, l’isolement et la terreur. Pour les prisonniers politiques incarcérés dans les cachots du régime, l’un des défis les plus difficiles auxquels ils sont confrontés est la politique de négligence médicale. Cette politique, fondée sur des conditions de vie insalubres, des soins médicaux lamentables, la douleur et de longues périodes d’isolement permet la torture et, dans certains cas, la mort.

 

La question de la négligence médicale envers des prisonniers iraniens est une préoccupation croissante pour les organisations et les militants des droits de l’homme qui luttent pour un changement en Iran.

Le régime iranien a une longue histoire documentée de maltraitance des prisonniers, y compris l’utilisation de la torture et les exécutions extrajudiciaires. Toutefois, le refus de soins médicaux est une nouvelle forme de guerre psychologique menée par le régime. En refusant aux détenus l’accès à des soins médicaux adéquats, non seulement ils érodent la volonté du prisonnier et les tuent lentement, mais ils nient en même temps toute responsabilité pour l’état concernant la violence et les dommages qui sont infligés. Le refus de soins médicaux pour les prisonniers est illégal en vertu du droit international et est contraire aux dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que l’Iran a signé.

Cette nouvelle forme de torture ne détruit pas seulement les corps des prisonniers, il terrorise leurs familles et délivre le message très clair aux autres prisonniers que leur vie est entre les mains des autorités, même s’ils ne sont pas confrontés à une condamnation à perpétuité. Il redéfinit la forme de tortures infligées sur le corps d’un prisonnier non seulement par la violence physique, mais aussi par le contrôle complet de son état de santé, de sa santé mentale, et finalement de sa vie. Quelque chose qui peut avoir des conséquences dévastatrices sur le psychisme d’un prisonnier et sa volonté de résister.

Le mois dernier, les préoccupations se sont accrues concernant le sort d’un certain nombre de prisonniers politiques incarcérés en Iran. Deux en particulier ont attiré l’attention internationale en raison de leur état de santé. Omid Kokabee, un physicien et dissident iranien, a récemment subi une procédure d’ablation de son rein. La chirurgie était nécessaire après cinq ans d’emprisonnement, période au cours de laquelle il a continuellement souffert de complications de santé à cause de ses conditions de vie insalubres.

Il est important de noter que Kokabee, comme beaucoup de prisonniers politiques, a toujours été sous pression par le régime afin qu’il fournisse des aveux et signe des déclarations admettant divers crimes. Son refus obstiné de se conformer à cette demande et les mauvais traitements ultérieurs qu’il a subis ne sont pas une coïncidence.

Hossein Ronaghi, un blogueur dissident de 30 ans, a également besoin de soins médicaux urgemment et il serait dans un état critique suite à une grève de la faim pour protester contre son manque de soins médicaux. Ronaghi purge actuellement une peine de 13 ans dans la prison d’Evin pour avoir écrit des blogs de critiques sur le régime. La famille de Ronaghi demande constamment la libération de leur fils, affirmant que son emprisonnement est illégal et en faisant valoir que le maintien de ces conditions équivaut à une condamnation à mort.

Ce sont là deux cas impliquant des détenus reconnus internationalement comme des détenus de conscience dont les cas continuent d’attirer l’attention, mais malgré cela, le régime continue ses politiques inhumaines de torture et de mise à mort. Les dissidents dont les cas restent inconnus font face à une menace encore plus grande d’isolement et de manque de soins médicaux alors que le régime est autorisé à se soustraire à ses obligations en vertu du droit international. Il semble que ces prisonniers sont condamnés à combattre leurs batailles seuls, alors que le régime iranien signe des transactions internationales et projette une image de modernité et de réforme.

Hamid Yazdan Panah est une activiste et avocate des droits de l’homme irano-américaine axée sur l’immigration et l’asile dans la baie de San Francisco.

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