Parallèlement à la coupure d’Internet à l’échelle nationale en Iran, des signes de perturbation généralisée du service Internet par satellite Starlink ont également été observés. Cette mesure a considérablement limité l’accès des citoyens au monde extérieur et a accru les inquiétudes quant à la répression violente du soulèvement populaire.
Peu après 20 h, le jeudi 8 janvier, le régime iranien a coupé les communications Internet et téléphoniques, isolant ainsi environ 85 millions de personnes du réseau mondial d’information.
Cette action s’inscrit dans une stratégie déjà employée par le régime iranien lors de manifestations intérieures et en temps de guerre. Cette stratégie vise à couper les communications des citoyens avec leurs compatriotes iraniens résidant aux États-Unis, en Europe et dans d’autres régions.
Jusqu’à présent, malgré les sanctions sévères liées au programme nucléaire iranien, les citoyens pouvaient accéder aux applications et sites web bloqués grâce à des VPN.
Cependant, cette nouvelle décision a considérablement réduit la possibilité de publier des images et des témoignages directs des manifestations nationales liées à la crise économique ; des manifestations qui, selon les observateurs, constituent le plus grand défi auquel le régime iranien a été confronté ces dernières années.
La coupure d’Internet pourrait ouvrir la voie à une répression accrue, d’autant plus que le gouvernement américain a mis en garde contre les conséquences de la poursuite des meurtres de manifestants.
Cette situation, qui coïncide avec un avertissement du procureur général du régime iranien qualifiant les participants aux manifestations de « mohareb », suscite une vive inquiétude parmi les familles et les proches des manifestants à l’étranger.
Il s’agit de la troisième coupure d’internet à grande échelle orchestrée par le régime iranien. La première a eu lieu en 2019, en marge des manifestations contre la hausse des prix de l’essence, qui ont fait des centaines de morts.
La seconde s’est produite en 2022, suite au décès de Mahsa Amini en garde à vue ; la répression de ces manifestations a fait plus de 750 morts.
Lors des manifestations de 2022, Starlink a joué un rôle crucial dans la transmission d’informations. Aujourd’hui encore, malgré l’illégalité de son utilisation en Iran, le nombre de ses récepteurs atteint plusieurs dizaines de milliers.
Nombre de ces récepteurs appartiennent à des commerçants et à des particuliers ayant besoin d’une connexion internet à l’étranger pour leurs activités économiques, mais certains sont désormais utilisés pour diffuser des images et des vidéos des manifestations.
Cependant, des experts signalent de graves perturbations du réseau Starlink. Outre le brouillage des signaux GPS, le régime iranien utilise vraisemblablement des méthodes plus sophistiquées, notamment des brouilleurs de téléphones portables, pour affaiblir les communications par satellite. Cette méthode a déjà été utilisée pour perturber les récepteurs satellites.
Bien que l’utilisation de Starlink comporte des risques importants pour les citoyens iraniens, notamment l’arrestation et de lourdes sanctions, couper ce canal de communication pourrait faire taire les protestations à un moment crucial de l’histoire de l’Iran.

