IranDroits de l'hommeKoweït: expulsion de diplomates iraniens, tension avec Téhéran

Koweït: expulsion de diplomates iraniens, tension avec Téhéran

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AFP: Le Koweït a décidé jeudi l’expulsion de diplomates iraniens accusés d’avoir conspiré contre la sécurité du petit émirat pétrolier, ouvrant une grave crise entre les deux pays du Golfe.

La mesure annoncée par le ministre koweïtien des Affaires étrangères cheikh Mohammad Al-Sabah intervient après la condamnation à mort par une cour koweïtienne de trois personnes accusées d’espionnage au profit de la République islamique.

Téhéran a rejeté ces accusations comme « mensongères », au moment où Bahreïn, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis soupçonnent l’Iran de chercher à provoquer des troubles confessionnels dans les Etats du Golfe.

Les monarchies qui règnent dans cette région riche en pétrole et en gaz, sont sunnites, alors que l’Iran est une théocratie chiite qui contrôle la façade orientale du Golfe, ainsi qu’une rive du détroit stratégique d’Ormuz.

« Il va y avoir des mesures contre un groupe de diplomates iraniens. Ils vont être considérés comme persona non grata, et ils seront expulsés du Koweït », a déclaré cheikh Mohammad Al-Sabah devant la presse.

« Le jugement de la cour démontre qu’il y un complot contre la sécurité politique, militaire, et économique qui était en préparation », par la République islamique, a assuré le ministre des Affaires étrangères.

« Il y a eu un réseau de comploteurs liés à des représentants officiels de la République islamique. En conséquence, nous avons établi une cellule de crise au ministère des Affaires étrangères et nous avons rappelé notre ambassadeur à Téhéran », a ajouté le ministre.

En outre le chargé d’affaires iranien à Koweït Sayyed Mohammed Shehabi a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et s’est vu remettre une note de protestation, selon l’agence koweïtienne Kuna.

« La sécurité et la stabilité du pays sont des lignes rouges » à ne pas franchir, a déclaré le sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Khaled al-Jarallah, mettant en garde contre « les graves incidences de cette affaire sur les relations bilatérales ».

Ces mesures font suite à la condamnation mardi à la peine capitale de deux Iraniens et d’un Koweïtien, accusées d’être des espions à la solde de Téhéran. Un Syrien et un apatride ont été condamnés à la perpétuité alors qu’un Iranien et une femme, également de nationalité iranienne, ont été acquittés.

Arrêtés en mai 2010, les membres du groupe avaient été inculpés en août d’espionnage pour avoir transmis des informations sur l’armée koweïtienne et les forces américaines basées dans l’émirat, aux Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime iranien.

L’Iran a démenti tout lien avec les membres de la cellule présumée.

Citant une « source informée au ministère des Affaires étrangères », l’agence officielle IRNA a réaffirmé jeudi que l’Iran n’avait « aucun lien  » avec le groupe démantelé en mai 2010.

L’affirmation selon laquelle des espions travaillaient pour l’Iran au Koweït « est mensongère et infondée », selon cette source qui a rappelé que Téhéran avait catégoriquement démenti l’an dernier tout lien avec cette affaire.

Selon le quotidien koweïtien Al Qabas, trois diplomates iraniens sont impliqués dans cette cellule d’espionnage, mais la justice n’a pas pu les poursuivre en raison de leur immunité diplomatique.

Selon le journal, les membres de cette cellule avaient été recrutés dès 2001 et ont fourni des informations sur les forces armées koweïtiennes, mais aussi sur les mouvements des unités américaines durant l’invasion de l’Irak en mars 2003.

Les services de renseignement iraniens auraient également fourni à cette cellule des explosifs et des mécanismes de mise à feu à distance. Les conspirateurs auraient eu l’intention de saboter deux oléoducs dans la région de Rawadatin et Wafra dans le nord et le sud du pays.

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