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Bush en Arabie pour rallier le royaume à sa stratégie contre l’Iran

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AFP, Ryad, 14 janvier – Le président américain George W. Bush est arrivé lundi en Arabie saoudite avec la promesse d’une importante vente d’armements au royaume et l’intention de rallier le roi Abdallah à ses efforts pour contenir l’Iran et forger un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Sa tche s’annonçait toutefois ardue dans les deux cas, surtout en ce qui concerne l’Iran.

En provenance de Dubaï, M. Bush, au sixième jour de sa tournée dans la région, a été accueilli à sa descente d’avion par le roi Abdallah.

Les deux hommes se sont ensuite rendus à la Résidence des Hôtes, un somptueux palais où logent les dignitaires étrangers visitant Ryad.

Il s’agit de la première visite de M. Bush dans le royaume, première puissance pétrolière mondiale et principal allié des Etats-Unis dans le Golfe.

Pendant son séjour d’un peu moins de 48 heures, M. Bush entend convaincre le roi Abdallah de la nécessité d’isoler l’Iran et de soutenir son action en faveur de la conclusion d’un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens avant la fin de l’année.

Pour parvenir à ses fins, M. Bush est arrivé porteur d’une bonne nouvelle: son gouvernement comptait notifier formellement ce lundi au Congrès son intention de vendre pour 20 milliards de dollars d’armes et d’équipements militaires à différents Etats du Golfe, la plus grande partie à l’Arabie saoudite, a indiqué le conseiller de M. Bush à la sécurité nationale, Stephen Hadley.

L’administration avait fait connaître ce projet en 2007. Un responsable américain n’a toutefois pas nié que l’annonce de la notification au Congrès avait été quelque peu arrangée pour coïncider avec l’arrivée de M. Bush à Ryad.

« Cela tombe bien », a-t-il dit sous le couvert de l’anonymat.

La notification ouvre une période d’examen de 30 jours au cours de laquelle le Congrès peut s’opposer à la transaction.

Celle-ci prévoit la vente de bombes de haute technologie à guidage satellitaire.

Ce projet a alarmé le gouvernement israélien et de nombreux parlementaires américains, qui craignent que les armes soient utilisées contre Israël ou réduisent son avance technologique sur les autres Etats arabes de la région qui, comme l’Arabie saoudite, refusent de reconnaître l’Etat hébreu.

Le gouvernement américain s’est employé à apaiser les uns et les autres avec l’annonce, l’an dernier, d’un pacte d’assistance militaire à Israël à hauteur de 30 milliards de dollars sur 10 ans, soit une augmentation considérable de l’aide consentie jusqu’alors à l’Etat hébreu.

Il a aussi fait valoir que cette vente était nécessaire pour contrer ce que M. Bush appelle la « menace » iranienne, grande priorité de sa tournée dans le Golfe.

M. Bush aimerait que l’Arabie saoudite et les Etats du Golfe coopèrent à son entreprise d’isolement de la République islamique, sa bête noire.

La question était de savoir s’il parviendrait à convaincre le roi Abdallah lundi soir à l’occasion d’un dîner dans son palais ou mardi dans son ranch de Janadriyah (45 km au sud-est de Ryad).

Si l’Arabie saoudite sunnite, comme les autres Etats arabes du Golfe (Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis) que M. Bush vient de visiter, considère avec anxiété la montée en puissance de l’Iran chiite, elle s’inquiète peut-être plus encore d’une nouvelle guerre américaine, après celle en Irak, qui a déjà servi les intérêts iraniens.

Les pays arabes semblent admettre l’existence d’un péril iranien, mais répugnent à se mettre à dos Téhéran et ne veulent pas donner l’impression qu’ils prennent le parti d’Israël.

En outre, malgré sa présence à la conférence d’Annapolis (Etats-Unis) fin novembre, l’Arabie saoudite semble suivre avec circonspection les efforts de M. Bush pour résoudre le conflit israélo-palestinien dans la dernière année de sa présidence, autre grande motivation de son périple, commencé la semaine dernière en Israël et en Cisjordanie.

L’administration Bush se garde d’appeler ouvertement à une reconnaissance d’Israël que seules l’Egypte et la Jordanie ont acceptée, mais invoque les ressources financières de l’Arabie pour soutenir les Palestiniens modérés.

Elle rappelle également que le roi Abdallah, quand il était encore prince héritier, avait été à l’origine d’un plan de paix adopté ensuite par la Ligue arabe qui pourrait servir à promouvoir ce qu’elle appelle la « réconciliation » entre Etats arabes et Israël.

M. Bush quittera l’Arabie saoudite mercredi pour l’Egypte, dernière étape de son voyage.

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