IranIran (actualité)Washington tend la main aux Iraniens

Washington tend la main aux Iraniens

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Depuis la prise d’otages à l’ambassade américaine, qui suivit de près la « révolution islamique » de 1979, les liens diplomatiques sont rompus entre les deux pays. C’est donc sur l’ambassade de la Confédération helvétique à Téhéran que les États-Unis s’appuient pour transmettre les messages américains au ministère iranien des Affaires étrangères. C’est également par le canal de cette ambassade que Mahmoud Ahmadinejad fit parvenir, il y a plus d’un an, la lettre qu’il adressa à George W. Bush.

De leur côté, les intérêts iraniens sont représentés, à Washington, par l’ambassade du Pakistan. Mais à l’inverse de Téhéran, où aucun diplomate américain n’est présent, la section iranienne dispose de quelques fonctionnaires de la République islamique habilités à délivrer des visas aux touristes et journalistes américains. Ils ont également pour rôle de renouveler les passeports des nombreux Iraniens de la diaspora qui vivent aux États-Unis.

L’installation d’une section américaine à Téhéran marquerait un spectaculaire retour officiel du «Grand Satan» américain en Iran. Elle symboliserait la volonté affichée du département d’État de se rapprocher de la population iranienne. Ces dernières années, Washington a multiplié les efforts pour mieux comprendre la réalité iranienne. Les consulats américains d’Istanbul, en Turquie, et de Bakou, en Azerbaïdjan, disposent déjà d’un personnel spécial chargé, principalement, du dossier iranien.

Toucher les jeunes et les dissidents

Il y a deux ans, le département d’État a également ouvert une section «Iran», au sein de son consulat de Dubaï. Composé d’une demi-douzaine d’experts parlant le persan, ce bureau a pour mission de décrypter la complexité de la structure de la République islamique et d’impulser un vent de changement de l’autre côté du golfe Persique.

Interrogée au sujet du nouveau projet de section américaine, la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, n’a pas démenti. «Les États-Unis cherchent depuis un certain temps comment prendre contact avec les Iraniens. Nous avons un site à Dubaï où ils peuvent obtenir des visas, mais nous savons que les Iraniens ont parfois du mal à aller à Dubaï», a-t-elle précisé. En ajoutant : «Nous voulons que davantage d’Iraniens visitent les États-Unis. Nous sommes déterminés à trouver les moyens de tendre la main aux Iraniens.»

Téhéran n’a pas rejeté d’emblée l’idée de l’ouverture d’une section d’intérêts américains. «De telles informations ont un caractère médiatique et les motifs de leur publication ne sont pas clairs. Par principe, les responsables iraniens examinent les demandes qui leur sont transmises par les voies officielles», a déclaré un responsable du ministère des Affaires étrangères. Le projet risque néanmoins de faire des étincelles chez les ultras du régime iranien. Washington en est conscient. «(La section) nous permettra d’atteindre les jeunes, de parler avec les dissidents, ce que le régime n’appréciera pas», reconnaît, sous couvert d’anonymat, un officiel américain cité par le Washington Post.

La nouvelle section pourrait opérer selon le même principe que celle qui existe à Cuba, c’est-à-dire développer les échanges avec les étudiants et les opposants. De quoi gêner certains ténors de la République islamique qui accusent intellectuels et journalistes locaux d’être des «espions à la solde de l’Amérique». L’année dernière, plusieurs chercheurs et universitaires irano-américains avaient été arrêtés, et détenus pendant l’été à la prison d’Evin, après avoir été accusés de vouloir organiser «une révolution de velours».
 
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