IranIran (actualité)Iran: un journaliste de l'AFP expulsé

Iran: un journaliste de l’AFP expulsé

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AFP : Le chef de rédaction de l’Agence France-Presse (AFP) à Téhéran, Jay Deshmukh, a été expulsé vendredi par les autorités iraniennes qui n’ont pas donné d’explication officielle à cette décision.

M. Deshmukh et dix autres correspondants de la presse étrangère s’étaient vu retirer leurs cartes de presse le 15 février, au lendemain de la première manifestation significative de l’opposition à Téhéran depuis un an, largement couverte par l’AFP et la plupart des médias internationaux.

« Jay est un professionnel chevronné d’une grande rigueur, son expulsion est incompréhensible et inadmissible. Les journalistes de l’AFP à Téhéran font un travail exemplaire », a déclaré le directeur de l’Information de l’AFP, Philippe Massonnet.

Agé de 40 ans, de nationalité indienne, Jay Deshmukh était en poste à Téhéran depuis janvier 2009. Entré à l’AFP en 2001 comme correspondant à Bombay, il a occupé différents poste en Inde avant de passer quatre ans au bureau de l’AFP à Bagdad (2005-2008).

Les médias iraniens et étrangers sont la cible d’une répression sévère en Iran depuis la réélection controversée du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.

Ce scrutin, jugé entaché de fraudes massives par l’opposition réformatrice, a entraîné pendant plusieurs mois une vague de manifestations de protestations populaires sans précédent depuis la révolution islamique de 1979, plongeant le régime iranien dans l’une des pires crises politiques de son histoire.

Des milliers d’opposants ont été arrêtés depuis 2009, et des centaines d’entre eux condamnés à des peines parfois sévères.

Les journalistes iraniens ont payé un lourd tribut à la répression: plus d’une quarantaine seraient actuellement emprisonnés, sur la base d’un décompte nominal établi en décembre 2010 par le Comité international de protection des journalistes (CIPJ) basé à New-York.

La presse étrangère a été de son côté touchée par des dizaines d’expulsions, retraits de cartes de presse ou refus de visas depuis 2009.

Elle subit également de multiples restrictions à son travail. Les correspondants des médias étrangers ont notamment interdiction de couvrir sur place les manifestations de l’opposition, et celle des manifestations officielles est strictement encadrée.

Ils ont par ailleurs besoin d’autorisations pour tout reportage ou toute interview avec des responsables iraniens, et ils sont exclus de la plupart des conférences de presse officielles, à l’exception notable de celles du président Ahmadinejad et du ministère des Affaires étrangères.

La réception de la plupart des chaînes de télévision occidentales, notamment la BBC et Voice Of America (VOA), sources d’information d’un grand nombre d’Iraniens, est systématiquement brouillée à Téhéran et dans certaines grandes villes.

Le pouvoir iranien bloque également la plupart des sites internet d’information basés à l’étranger, notamment ceux de l’opposition et des médias occidentaux. Ces derniers sont quotidiennement dénoncés par les dirigeants iraniens comme participant à un « complot » des Etats-Unis, d’Israël et des Européens, Grande-Bretagne en tête, contre la République islamique.

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