IranIran (actualité)Hillary Clinton entendue au Congrès sur Achraf

Hillary Clinton entendue au Congrès sur Achraf

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Chambre des Représentants américaine
Commission des Affaires étrangères
Audition d’Hillary Clinton
27 octobre 2011

Ileana Ros-Lehtinen, présidente de la commission : De nombreux membres y compris de haut rang et moi-même, ont recherché l’engagement de l’administration pour assurer leur protection vu l’échec répété du gouvernement irakien à se conformer à ses obligations internationales en matière des droits humains vis-à-vis des résidents du camp d’Achraf et à la lumière de l’annonce du président Obama du retrait final des troupes américaines d’Irak. Nous avons besoins d’être assurés que notre administration est intervenue auprès du gouvernement irakien, du Haut Commissariat pour les réfugiés et d’autres, pour pourvoir au bien-être des résidents d’Achraf et résoudre leurs objectifs de sécurité à long terme.

Hillary Clinton: En ce qui concerne le camp d’Achraf, qui nous préoccupe profondément, nous savons qu’il fait l’objet de préoccupations continues très légitimes. Nous avons obtenu des assurances écrites du gouvernement irakien qu’il traitera les résidents d’Achraf avec humanité, qu’il ne transfèrera pas les résidents vers un pays qu’ils peuvent avoir des raisons de craindre. Et nous poussons vivement le Commissariat des Nations Unies sur les réfugiés à travailler avec les résidents du camp d’Achraf et le gouvernement pour les emmener vers un endroit sûr.
(…)

Brad Sherman, membre de la Chambre : Je pense que nous sommes nombreux à avoir vu cette publicité sur le camp d’Achraf avec une jeune fille de 14 ans qui craint une extermination. Nous faisons face à des circonstances ardues et nous nous retirons d’Irak. Dans le passé, il y a eu, certains diront, un massacre, mais du moins des cas terribles dans lesquelles des dizaines de personnes ont été tuées. Et il y a des articles de presse comme quoi les autorités irakiennes disent « eh bien ne vous inquiétez pas trop, après tous ces gens sont sur la liste terroriste américaine ». Que faisons-nous pour nous assurer que lorsque nous aurons quitté l’Irak, nous n’allons pas assister au massacre de 3400 personnes au camp d’Achraf ? Et qu’est-ce qu’il advient de l’examen ordonné par le tribunal pour savoir si l’OMPI devrait être sur la liste des terroristes?

Hillary Clinton: Sur ces points en particulier, monsieur le parlementaire,  en conformité avec le jugement émis par le tribunal de Washington DC, le Département d’Etat examine la désignation. Il y aura une décision. Cela doit être fait rapidement, mais à fond, et nous espérons avoir cette décision à l’avenir. Je voudrais ajouter que la désignation actuelle ne pose pas d’obstacle à la réinstallation des résidents d’Achraf en Europe. Et la situation humanitaire à Achraf, à nos yeux, n’est pas non plus liée à la désignation de l’OMPI. Et je pense qu’il est aussi important de reconnaître, vous le savez, que nous avons besoin de faire notre possible pour déplacer autant de personnes que possible hors du camp avant la fin de l’année et nous essayons de le faire. Nous travaillons essentiellement par le biais des Nations Unies et certainement à la fois avec les résidents d’Achraf et le gouvernement de l’Irak pour tenter de mettre en place une évaluation très rapide des personnes, et nous avons exhorté l’UE et d’autres pays à considérer favorablement la réinstallation de tout résident d’Achraf ayant reçu le statut de réfugié parce que nous voulons en réduire le nombre le mieux que nous le pourrons.
( …)

Dana Rohrabacher, membre de la Chambre: Vous avez déclaré que nous allons faire tout ce que nous pouvons concernant le camp d’Achraf. Vous ne faites pas tout ce que vous pouvez. Cela fait 500 jours que le tribunal nous a ordonné de reconsidérer cette désignation de terroriste et cela devrait être pleinement suffisant pour comprendre quels sont les enjeux. Et d’autres personnes dans le monde ont maintenant décidé de ne pas les mettre sur la liste terroriste. Donc nous ne faisons pas tout ce que nous pouvons. Et j’espère que vous en tiendrez compte et ferez en sorte de vous assurer qu’il n’y aura pas un autre massacre de gens là-bas que nous aurions pu éviter. Notons que nous avons officiellement demandé au Département d’Etat des d’informations sur le massacre Achraf. Avez-vous l’intention de vous conformer à cette demande comme nous avons été informés que le département d’État ferait ou allez-vous vous rétracter dans cet engagement?

Hillary Clinton: Monsieur le parlementaire, nous vous fournirons les informations que nous pourrons.

Dana Rohrabacher : « Nous pourrons » sonne comme des mots clés sur la façon d’éviter de répondre à une question. Vous connaissez à l’évidence le passé de votre propre ministère [en la matière]. Allez-vous les fournir ? Vous avez une demande du Congrès, vous avez accepté de le faire. Allez-vous vous conformer à cette demande?

Hillary Clinton: Nous allons certainement répondre à la demande.

Dana Rohrabacher : Très bien, merci.

Hillary Clinton: Mais je ne peux pas vous dire de quoi sera faite la réponse, c’est ce qui a provoqué ma réponse.
(…)

Juge Ted Poe, membre de la Chambre: Merci madame la Secrétaire, merci madame la Présidente. Je vais essayer d’aller droit au but.

La dernière fois que vous et moi avons parlé dans cette même salle, nous avons parlé de la sécurité du camp d’Achraf. C’était en mars, puis plus tard, en avril, des soldats irakiens sont allés tuer des gens au camp d’Achraf. Il y a des désaccords sur la façon dont ça s’est produit, mais des gens l’ont fait. Dès à présent, le 31 [décembre], les États-Unis se retirent. Je n’en discute pas, mais aussi le 31, Maliki a clairement fait savoir que le camp serait fermé. Quand nous étions en Irak cet été, le président Rohrabacher, moi et d’autres de cette commission, avons rencontré Maliki sur la question du camp d’Achraf. L’échange a été très chaud. Nous voulions aller voir le camp, il a refusé de nous laisser y aller. Et plus tard, nous avons appris alors que nous volions dans un BlackHawk, que nous avions été invités à quitter le pays en raison de cette discussion avec lui. Mais la première chose qu’il a avancé sur la manière dont l’Irak traitait le camp d’Achraf, c’était la désignation de l’OMPI par les États-Unis. Il a passé tout son temps à dire que c’était la raison pour laquelle ils sont traités de cette façon, parce que vous, les Etats-Unis, vous les avez désignés comme une organisation terroriste étrangère.

Ma préoccupation, en premier lieu, c’est la sécurité des personnes au camp d’Achraf ce 31 décembre. Ils ont peur. Pour 85 d’entre eux, certains sont des Américains et les autres sur ces 85 qui sont là parmi les 2000 autres, sont des résidents permanents des États-Unis. Aussi, ma question c’est : qu’allons-nous faire jusqu’à la fin pour nous assurer qu’ils vont  prolonger le délai afin que les gens puissent faire le nécessaire par le biais de l’ONU pour sortir d’Irak et aller quelque part ailleurs dans le monde. Et deuxièmement, la question à long terme de la désignation de l’OMPI. Je suis encouragé par vos déclarations la nuit dernière à ce sujet. Voici donc mes deux points et les deux questions que je vous pose madame la Secrétaire.

Hillary Clinton: Eh bien, monsieur le parlementaire, je peux vous assurer que je suis personnellement très focalisée pour tenter de m’assurer que nous protégeons la sécurité des habitants du camp. Avec notre ministère et notre administration, j’ai fermement condamné les violences qui ont causé des morts. Peu importe comment c’est arrivé, le fait est que, vous avez raison, 36 résidents sont morts à cause de la violence le 8 avril. Nous suivons la situation d’aussi près que nous le pouvons. Nous ne voyons aucune preuve suggérant qu’il y aurait une autre attaque imminente sur Achraf et nous continuons d’exhorter le gouvernement irakien à faire preuve de retenue. Comme je l’ai dit plus tôt, nous avons bien des assurances écrites du gouvernement irakien de traiter les résidents d’Achraf avec humanité, de respecter leurs obligations internationales, tant que les résidents resteront dans le pays, et de ne transférer personne dans aucun pays où cette personne pourrait être persécutée en raison de ses convictions politiques ou religieuses. Et donc, nous essayons faire tout ce que nous pouvons pour fournir un écran de protection aux résidents. Nous savons qu’ils ont été approchés ; nous avons également poussé le HCR à avoir encore plus de présence, d’en faire davantage, pour essayer de décerner autant de détermination de statut qu’ils peuvent. C’est donc un sujet de profonde préoccupation pour nous, et nous avançons sur plusieurs fronts et nous allons aussi nous nous diriger aussi vite que possible vers une résolution finale sur la désignation.

Juge Ted Poe: Avons-nous des délais sur la désignation?

Hillary Clinton: Je ne peux pas être plus précise que cela monsieur le parlementaire, ce sera aussi rapidement que possible.

Juge Ted Poe: Eh bien, je veux juste vous presser à nouveau, vous et l’administration pour être sûr que lorsque le 31 décembre arrivera, il n’arrive rien de mal à ces braves gens du camp d’Achraf. Et tout calcul politique mis à part, il faut  remplir nos obligations [juste comme nous leur avons demandé] de déposer les armes, comme l’a fait l’OMPI ; et qu’ils obtiennent l’asile et un statut de réfugié quelque part dans le monde. Mais leur sécurité est primordiale. Je voulais le souligner à nouveau madame la Secrétaire.

Hillary Clinton: Je comprends votre insistance, je comprends les préoccupations et je les prends très au sérieux monsieur.

 

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