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Iran : L’Onu pourrait se saisir du dossier nucléaire iranien

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Reuters, Vienne, 18 septembre – La « troïka » européenne a entamé dimanche la rédaction d’un projet de résolution invitant le Conseil de sécurité de l’Onu à se saisir du dossier nucléaire iranien, apprend-on de source diplomatique à la veille la réunion à Vienne du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

France, Allemagne et Grande-Bretagne en ont ainsi décidé au lendemain du discours prononcé à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies par le nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier a réaffirmé que la République islamique n’avait pas l’intention de renoncer à son programme d’enrichissement d’uranium, étape nécessaire à la production d’électricité comme à la fabrication d’armes atomiques.

« La rédaction d’une résolution envoyant l’Iran devant le Conseil de sécurité a débuté », a assuré à Reuters un membre de l’une des trois délégations européennes ayant requis l’anonymat. « Ce soir, les directeurs politiques vont se réunir pour évoquer les points-clés de la résolution », a-t-il ajouté.

Téhéran fait l’objet d’une pression internationale croissante depuis que les scellés posés à l’usine de conversion d’uranium d’Ispahan ont été brisés le mois dernier, en violation de l’accord de Paris conclu en novembre avec la « troïka » européenne.

Leur décision d’en référer au Conseil de sécurité en vue d’éventuelles sanctions menace toutefois de diviser les 35 états membres du Conseil des gouverneurs de l’AIEA.

Au camp formé notamment par l’Union européenne, les Etats-Unis, le Japon et l’Australie s’oppose celui des pays émergeants tels que la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du sud, auxquels s’ajoute la Russie.

Les premiers accusent l’Iran de dissimuler son programme d’enrichissement d’uranium depuis 18 ans et soupçonnent la République islamique de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous le couvert d’un programme énergétique civil. Les seconds défendent le droit à poursuivre un programme de production d’énergie en toute indépendance.

LES OCCIDENTAUX DECUS ET PREOCCUPES

Selon des diplomates européens, les Etats-Unis et l’UE disposent du soutien d’au moins 20 des 35 pays représentés au Conseil des gouverneurs. Craignant une scission à long terme, Mohamed ElBaradeï, directeur général de l’AIEA, les a exhortés à donner une nouvelle chance à l’Iran de se conformer à ses obligations.

Si les scellés de l’usine d’Ispahan ont été brisés, l’activité n’a pas repris sur le site de Natanz, consacré, lui, à l’enrichissement, mais Téhéran pourrait franchir le pas si l’AIEA décidait de saisir le Conseil de sécurité.

« Le conseil que nous donnons à l’agence, c’est de réexaminer demain le dossier iranien de façon logique et réaliste afin d’éviter de compliquer davantage la situation », a déclaré dimanche le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Asefi. « Nous n’avons pas commencé le processus d’enrichissement, mais tout dépend du résultat de la réunion de demain », a-t-il ajouté.

Les propos tenus samedi par le président Ahmadinejad, qui a non seulement récusé les appels à la suspension des activités sensibles, mais a également invité d’autres pays à s’associer au programme iranien d’enrichissement d’uranium, ont suscité une vive inquiétude à Paris, Londres et Berlin.

« Je suis très préoccupé par le fait qu’il ait réaffirmé sa volonté de développer la technologie du cycle sans tenir compte des inquiétudes de la communauté internationale », s’est ému le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, pour lequel la saisine du Conseil de sécurité des Nations unies demeure par conséquent « à l’ordre du jour ».

Interrogé dimanche matin par la BBC, son homologue britannique, Jack Straw, a déploré pour sa part « le discours décevant et d’aucun secours » du président iranien. « C’était tout sauf utile », a renchéri Joschka Fischer, ministre allemand des Affaires étrangères.

La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a quant à elle exhorté les Nations unies à faire preuve de fermeté. « Il faut être capable de traiter les grands défis comme le terrorisme et la prolifération nucléaire, notamment lorsque des pays l’Iran menacent l’efficacité du régime global de non-prolifération », a-t-elle ajouté.

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