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Nobel de paix à ElBaradei: l’Iran craint plus de pression

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AFP, Téhéran, 7 octobre – L’Iran craint que l’attribution du prix Nobel de la paix 2005 à Mohamed ElBaradei soit synonyme de plus de pression sur son programme nucléaire, après avoir joué la carte de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) contre Washington.

Le comité Nobel a annoncé vendredi avoir attribué son prix annuel de la paix à l’AIEA et à son directeur général, M. ElBaradei, qui a été en première ligne dans la crise sur le programme nucléaire iranien depuis son déclenchement en 2003 et a dû essuyer à ce titre des critiques de Téhéran à plusieurs reprises.

« Depuis le début de la crise, Mohamed ElBaradei a toujours résisté aux pressions américaines, et ses rapports étaient plutôt techniques, mais ces derniers temps, pour je ne sais quelle raison, il a changé de position et son dernier rapport était très politique », a déclaré à l’AFP un responsable iranien ayant requis l’anonymat.

« L’attitude de M. ElBaradei n’a pas été uniforme dans le dossier nucléaire iranien », a déclaré pour sa part à l’AFP Kazem Jalali, porte-parole de la Commission parlementaire des Affaires étrangères.
« Il était coincé entre une vision juridique et technique et une attitude politique », a-t-il ajouté.

« Il y a deux façon de voir l’attribution de ce prix. L’hypothèse optimiste est qu’il va renforcer le rôle de l’agence et le travail technique dans le but d’éviter la prolifération des armes nucléaires », a-t-il affirmé.

« L’hypothèse pessimiste est qu’avec ce prix, M. ElBaradei se rapproche encore de la position politique des Etats-Unis et des Européens, notamment à propos du dossier nucléaire iranien et fasse davantage pression sur l’Iran », a-t-il affirmé, ajoutant: « Pour ma part, je pense que la seconde hypothèse est plus près de la réalité. »

Dans ce contexte, les déclarations du vice-Premier ministre israélien Shimon Peres, prix Nobel de la paix 1994, qui a affirmé que ce prix était « un avertissement à l’Iran (qui) constitue aujourd’hui le plus grand et le plus dangereux problème » dans le domaine nucléaire, ne peuvent qu’augmenter les craintes des Iraniens.

Pourtant mercredi, M. ElBaradei s’est dit « confiant » sur une reprise « dans les prochains mois » des négociations entre l’Iran et les Européens sur le dossier nucléaire.

« Nous avons une difficulté actuellement », mais « je suis confiant sur le fait que nous verrons dans les prochains mois une reprise des négociations » entre l’Iran et les pays européens, a déclaré M. ElBaradei, ajoutant qu’il fallait « trouver une solution qui (permette aux deux parties de) sauver la face ».

En septembre, les responsables iraniens ont durement critiqué le dernier rapport de M. ElBaradei. A la suite de la publication de ce rapport, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a adopté une résolution sur le programme nucléaire iranien qui ne demande pas expressément la saisine du Conseil de sécurité à ce stade, mais qui établit les conditions d’un transfert ultérieur du dossier devant cet organe de l’Onu.

Dans son rapport, M. ElBaradei avait souligné les manquements de l’Iran et affirmé que l’AIEA n’était « pas encore en mesure après deux ans et demi d’inspections et d’enquêtes intenses d’éclaircir certaines questions en suspens ».

M. ElBaradei demandait en particulier « une pleine transparence de la part de l’Iran » et la possibilité de pouvoir inspecter des sites militaires et d’interroger des scientifiques iraniens.

Le directeur général de l’Agence est venu en Iran à trois reprises ses dernières années pour faciliter les négociations nucléaires entre l’Iran et les trois grands pays européens (France, Grande-Bretagne et Allemagne).

Sa première visite remonte à février 2003, quelques jours après que le président réformateur de l’époque Mohammad Khatami eut annoncé à la télévision nationale que l’Iran allait produire son propre combustible pour ses futures centrales nucléaires civiles et développer un programme d’enrichissement d’uranium.

Après avoir visité les installations nucléaires iraniennes, notamment l’usine d’enrichissement de Natanz, M. ElBaradei avait déclaré sa « surprise » devant les progrès iraniens.

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