Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a réagi aux informations faisant état d’un intérêt particulier pour le programme de missiles de Téhéran lors de la prochaine rencontre entre le Premier ministre israélien et le président américain, ainsi qu’à la possibilité d’une nouvelle attaque contre l’Iran. Il a déclaré que les capacités balistiques du régime étaient « non négociables ».
Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 22 décembre, M. Baghaei a affirmé que le programme de missiles iranien avait été développé dans le but de « défendre la sécurité nationale » et qu’il ne pouvait donc faire l’objet d’aucune « négociation ».
Il a ajouté que ces capacités avaient été mises en place pour prévenir « toute agression potentielle » et qu’elles étaient « inviolables ».
Évoquant les spéculations concernant une nouvelle attaque contre l’Iran, le porte-parole du ministère a ajouté : « La surenchère médiatique s’inscrit dans une guerre hybride orchestrée contre l’Iran. Néanmoins, les forces armées du pays, pleinement opérationnelles, connaissent parfaitement leurs devoirs. »
Le 21 décembre, lors d’une visite en Israël, Lindsey Graham, sénateur républicain américain, a déclaré détenir des preuves indiquant que le régime iranien s’efforçait d’enrichir l’uranium et de relancer son programme de missiles.
Il a ajouté que si cela se confirmait, l’Iran devrait être attaqué avant que ce projet ne soit mis en œuvre.
Le 20 décembre, NBC News a rapporté que des responsables israéliens estimaient que le régime iranien développait son programme de missiles balistiques et comptaient, lors de la prochaine rencontre entre Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, et Donald Trump, président américain, présenter à Washington différentes options pour se joindre à Israël ou l’assister dans une éventuelle attaque contre l’Iran.
Le 21 décembre, Axios a écrit que le gouvernement Netanyahu avait mis en garde les États-Unis au sujet d’un exercice de missiles des Gardiens de la révolution, le qualifiant de « couverture pour préparer » une potentielle attaque contre Israël.
Baghaei exclut toute inspection des installations bombardées
Poursuivant son intervention, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a rejeté les informations concernant l’implication de Téhéran dans l’assassinat de Nuno Loureiro, un scientifique nucléaire juif, aux États-Unis, déclarant : « Les criminels pensent que chacun suit sa propre doctrine.»
Le journal israélien Maariv a rapporté le 17 décembre 2025 que les autorités israéliennes examinaient des informations faisant état d’un lien possible entre le régime iranien et l’assassinat de ce scientifique nucléaire de haut rang du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Lors de cette même conférence de presse, Baghaei a également évoqué les perspectives des relations entre Téhéran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ainsi que les récentes déclarations de Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, concernant l’obstruction par le régime iranien des inspections des installations iraniennes bombardées.
Il a affirmé : « Il n’y a aucune raison de provoquer une crise, car la situation est claire : tant que nous sommes signataires du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et que nous respectons l’Accord sur les garanties générales, nous savons parfaitement comment remplir nos obligations. »
Dans une interview accordée à l’agence de presse russe RIA Novosti le 15 décembre, Grossi a déclaré que les activités de l’agence en Iran étaient très limitées et que les inspecteurs n’avaient accès qu’aux installations qui n’avaient pas été ciblées par les attaques américaines et israéliennes.
Il a également rejeté la version de Téhéran, publiée le 20 décembre, selon laquelle ces sites seraient « dangereux » et inaccessibles.
Baghaei a poursuivi en affirmant qu’il n’existait aucun « protocole » concernant l’inspection des installations endommagées et que l’insistance de Grossi à inspecter les sites de Fordow, Natanz et Ispahan démontrait qu’il « cherchait à instrumentaliser politiquement » la question.
Critique de la position de l’agence, il a ajouté : « Pendant longtemps, nous avons subi un nombre record d’inspections de la part de l’agence, mais celle-ci n’a pas assumé ses responsabilités et n’a pas réagi aux actions des États-Unis et d’Israël contre les installations nucléaires iraniennes. »
Le 8 décembre, Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, a déclaré que la reprise des inspections de l’agence était actuellement impossible, faute de protocole ou de directives pour l’inspection d’installations qu’il a qualifiées de « pacifiques ».
Grossi avait auparavant confirmé que Téhéran possédait toujours la capacité de fabriquer une arme nucléaire.
Le 31 mai, avant la guerre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué dans un rapport confidentiel que l’Iran avait mené des activités nucléaires clandestines sur trois sites faisant l’objet d’enquêtes depuis longtemps.
Le site d’information Ynet a rapporté le 19 décembre qu’avant la guerre des douze jours, le régime iranien menait des recherches sur le développement d’armes nucléaires de quatrième génération basées sur la fusion pure.
Selon ce rapport, ces recherches portaient sur un type d’arme nucléaire totalement inédit, qu’aucun pays n’a encore réussi à produire.

