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Iran: les inspecteurs de l’AIEA gênés faute de droit d’accès illimité

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AFP : 4 décembre – Les inspecteurs nucléaires de l’Onu ne peuvent pas inspecter des sites militaires iraniens suspects, les Européens ayant renoncé à réclamer dans une résolution de l’AIEA cette semaine un droit d' »accès sans restriction », selon des sources diplomatiques à Vienne.
L’Iran refuse toujours aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) la viste du site militaire de Parchine (30 km sud de Téhéran), où des tests de technologies d’armes nucléaires sont peut-être menés, déclarent des diplomates à l’AFP.
L’AIEA n’a pas droit non plus de vérifier des bâtiments à Lavizan-II, où, d’après l’opposition iranienne (Moudjahidine du Peuple), de l’uranium serait enrichi secrètement.
L’Iran vient officiellement de suspendre les activités d’enrichissement d’uranium, qui peuvent théoriquement conduire à la bombe atomique, en gage de bonne foi et dans le cadre d’un accord avec les Européens. Mais le pays devrait reprendre ces activités au plus tard dans six mois, a déclaré l’ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani vendredi.
Le problème, explique un diplomate occidental, c’est que « l’AIEA ne peut pas simplement aller à la pêche »: avant de pouvoir examiner une installation, elle doit démontrer qu’elle a des raisons de penser que des matières nucléaires s’y trouvent. En fait, précise cette source, le mandat de l’agence de non-prolifération est « de surveiller les équipements et les matières nucléaires », pas les armes.
Ainsi, l’AIEA ne peut vérifier ce qui se passe à Lavizan-II parce qu’elle ne peut prouver a priori qu’une telle visite est justifiée, affirme un diplomate.
Cet accès limité est précisé dans le protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP), un protocole que l’Iran a signé mais pas ratifié.
En revanche, note l’expert américain David Albright, l’Afrique du Sud et la Libye, qui ont renoncé à se doter de l’arme nucléaire, avaient accordé aux inspecteurs de l’AIEA un accès sans restriction à leurs installations, qu’elles contiennent ou non des matières radioactives.
Téhéran se fonde désormais sur la résolution qu’a adoptée lundi dernier le conseil des gouverneurs, l’exécutif politique de l’AIEA, à Vienne.
Un premier projet de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne demandait un « accès illimité à tous les sites que l’agence jugera nécessaires ».
Mais afin d’obtenir des Iraniens le maintien du gel complet de l’enrichissement, les Européens ont accepté d’affaiblir le texte de la résolution, qui se contente de demander « accès à tous les sites que l’agence jugera nécessaires en fonction du protocole additionnel ».
Un diplomate proche de l’AIEA regrette que l’autorité juridique de l’agence soit « fort limitée en ce qui concerne la recherche d’activités nucléaires militaires ».
En fait même si la présence de matières nucléaires est soupçonnée, les choses peuvent être lentes.
L’AIEA, selon des sources diplomatiques, n’a pas reçu d’avis favorable à ce jour à sa demande en octobre dernier, de visiter Parchine, bien qu’elle ait de bonnes raisons de le souhaiter.
Des responsables américains ont affirmé que les Iraniens procèdent peut-être à « des expériences sur des charges fortement explosives avec de l’uranium appauvri », des expériences à blanc sur le fonctionnement d’une bombe.
« Les obstacles sont bien plus grands quand il y a une tentative de visiter un site militaire », ajoute un diplomate.
L’Iran insiste sur le caractère pacifique de ses programmes, alors que les Etats-Unis parlent de programme cachés d’armes nucléaires.

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