IranNucléaireNucléaire: l'Iran se dit prêt à négocier sérieusement

Nucléaire: l’Iran se dit prêt à négocier sérieusement

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AP, Téhéran, 22 août – L’Iran a transmis mardi une réponse écrite à l’offre du groupe des Six sur son programme nucléaire. Son contenu n’a pas été révélé, mais Téhéran s’est dit prêt à des « négociations sérieuses » dès mercredi, sans préciser s’il comptait pour cela suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium, comme le réclame le Conseil de sécurité des Nations unies.

Toutefois, selon l’agence de presse semi-officielle iranienne Fars, l’Iran, dans sa réponse, a rejeté les appels à suspendre ses « activités nucléaires » -en clair, son programme d’enrichissement d’uranium-, mais, « à la place a proposé une nouvelle formule pour résoudre ces sujets par le dialogue ».

L’agence Fars, qui ne fournit pas d’autres détails sur le contenu du document, ne dit pas si elle a eu accès au texte écrit de la réponse iranienne. L’information n’était pas confirmée de source officielle.

Le régime iranien, en effet, n’a pas dévoilé le contenu exact de sa réponse, remise en mains propres par le principal négociateur dans le dossier nucléaire, Ali Larijani, aux ambassadeurs français, allemand, britannique, russe, chinois et suisse -ce dernier représentant les Etats-Unis, qui ont rompu les relations diplomatiques avec Téhéran en 1979.

D’après la télévision officielle iranienne, M. Larijani leur a déclaré que « l’Iran (était) prêt dès le 23 août à engager des négociations sérieuses » avec les six pays (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne) qui lui ont proposé le 6 juin dernier des mesures incitatives en échange du gel de ses activités nucléaires soupçonnées d’être à but militaire et non civil.

L’offre a été suivie le 31 juillet par une résolution du Conseil de sécurité réclamant le gel de l’enrichissement et le retraitement d’uranium d’ici au 31 août, sous peine de sanctions économiques ciblées et diplomatiques.

« Même s’il n’y a pas de justification juridique à l’action illégale du Conseil de sécurité basée sur la recommandation de Kofi Annan (le secrétaire général de l’ONU), nous avons préparé la réponse à l’offre proposée avec un point de vue positif », a affirmé M. Larijani.

Le haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, a estimé dans un communiqué que la réponse iranienne nécessitait « une analyse détaillée et attentive » et ajouté qu’il resterait en contact avec M. Larijani.

L’ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies, John Bolton, a déclaré de son côté que Washington « étudiera(it) la réponse iranienne avec attention ». Mais, a-t-il ajouté, « nous sommes également prêts, s’il ne remplit pas les conditions fixées par les cinq ministres des Affaires étrangères des pays permanents, à imposer, ici au Conseil de sécurité (…) des sanctions économiques ». La Maison Blanche a confirmé avoir reçu un exemplaire du document, mais souhaitait l’étudier avant de réagir, a fait savoir la porte-parole adjointe Dana Perino.

A en croire certaines sources iraniennes, la réponse de l’Iran contient « une nouvelle formule » pour résoudre la crise sur son programme nucléaire. « L’Iran a fourni une réponse exhaustive à tout ce qui est dit dans l’offre occidentale. En outre, l’Iran, dans sa réponse officielle, a demandé des réponses à certaines questions », précisait un responsable iranien qui a requis l’anonymat.

Avant de donner sa réponse, l’Iran avait affiché lundi sa détermination à poursuivre son programme nucléaire comme il l’entend. Le chef suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait fait savoir que l’Iran continuerait ses activités, malgré les pressions des puissances « arrogantes » occidentales.
Et des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique s’étaient vus refusés l’accès d’un site souterrain du complexe de Natanz destiné à protéger le programme d’enrichissement d’uranium de toute attaque.

La République islamique d’Iran a revendiqué à plusieurs reprises son droit à se doter d’un programme nucléaire civil, écartant les accusations des Etats-Unis qui pensent qu’elle tente de se doter de l’arme nucléaire. Mais Téhéran n’a pas réussi à lever les doutes des Occidentaux, qui refusent qu’il mène certaines activités sensibles pouvant avoir un usage militaire autant que civil.
AP

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