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Bush prend un nouveau cap diplomatique devant l’écueil nucléaire iranien

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Le numéro trois du département d’Etat William Burns participera aux entretiens entre le diplomate en chef de l’Union européenne, Javier Solana, des diplomates d’Allemagne, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie, et le négociateur iranien Saïd Jalili, a confirmé l’administration.

L’Iran persiste pourtant dans son refus de suspendre ses activités nucléaires les plus sensibles. Or l’administration Bush a fait jusqu’à présent de la suspension de l’enrichissement d’uranium la condition impérative d’une participation américaine à des négociations multilatérales avec l’Iran.

Une partie de la communauté internationale soupçonne l’Iran de chercher à fabriquer la bombe atomique sous le couvert d’activités nucléaires qu’il proclame purement civiles. Les Européens mènent depuis des années les négociations avec les Iraniens pour essayer de les persuader de renoncer à l’enrichissement. En juin, M. Solana a remis aux Iraniens une offre rafraîchie de coopération mutiple, au nom des Européens, des Américains, des Russes et des Chinois, pour emporter leur conviction.

La réunion de samedi vise à obtenir plus de précision sur la réponse iranienne.

"Nous serons là-bas pour écouter, nous n’y serons pas pour négocier", a dit la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.

La présence de M. Burns à ces discussions est un fait unique et il répètera ce que Washington a toujours dit: que l’Iran doit suspendre l’enrichissement, que la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice est prête à rencontrer son homologue "n’importe quand, n’importe où" si l’Iran s’exécute et qu’il encourt "plus de sanctions" s’il ne le fait pas, a insisté Mme Perino.

Néanmoins, l’initiative américaine, une idée de Mme Rice de toute évidence, a été perçue par les experts comme un changement de direction considérable.

La rencontre de Genève est "très importante parce que la stratégie antérieure ne marchait pas", a dit l’expert Vali Nasr sur CNN. "Cela veut dire que cette administration considère l’approche diplomatique beaucoup plus sérieusement et veut tenter quelque chose".

Après trois décennies d’acrimonie, la porte-parole de la Maison Blanche a admis que si les exigences fondamentales américaines restaient les mêmes, "c’est une nouvelle tactique". Et elle n’a pas fermé la porte à une nouvelle participation américaine à des discussions multipartites.

En envoyant un diplomate d’un tel niveau, l’administration Bush paraît donner raison à ceux qui, en Europe ou aux Etats-Unis, disaient que la crise iranienne ne pouvait être résolue sans une forte implication diplomatique américaine.
L’une des grandes attentes du régime iranien passe en effet pour être celle de garanties de sécurité.

Les discussions de Genève ont été précédées de tirs de missiles iraniens, de grandes manoeuvres iraniennes et israéliennes et d’une rhétorique belliqueuse.

L’envoi de M. Burns à Genève "montre combien nous pensons sérieusement ce que nous disons, quand nous disons que nous voulons essayer de résoudre ceci par des moyens diplomatiques", a dit Mme Perino.

Le gouvernement américain veut croire que les sanctions du Conseil de sécurité, celles des Etats-Unis et de l’Union européenne commencent à produire leur effet.

Américains et Européens invoquent aussi un débat en cours, selon eux, dans les cercles dirigeants iraniens sur la pertinence de continuer à résister ou de transiger.
Cependant, ils continuent à reconnaître la difficulté d’interpréter les signaux en provenance d’Iran pour savoir les intentions du régime.

Le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré mercredi que si "l’Iran a décidé de participer aux négociations", il "n’acceptera aucune menace" et "aucune puissance ne pourra priver l’Iran de la technologie nucléaire".

M. Solana a cependant dit espérer "beaucoup que nous obtiendrons des réponses constructives et positives aux documents que nous leur avons envoyés" en juin.

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