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L’Iran refuse de renoncer au réacteur de recherche à eau lourde

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AFP, Téhéran, 13 février – L’Iran refuse de renoncer à la construction d’un réacteur nucléaire de recherche à eau lourde en échange d’un réacteur à eau légère proposé par l’Europe, inquiète d’un détournement de technologie à des fins militaires, a déclaré dimanche le porte-parole des Affaires étrangères.

« Nous saluons de telles propositions, mais elle ne remplacera en aucun cas notre réacteur de recherche à eau lourde », a déclaré devant la presse Hamid Reza Assefi.

« Nous allons poursuivre le travail sur notre réacteur de recherche à eau lourde », a-t-il ajouté.

Selon des sources diplomatiques, les Européens ont proposé aux Iraniens lors de négociations la semaine passée à Genève l’envoi d’une mission pour préparer la livraison d’un réacteur nucléaire de recherche à eau légère.

Cette proposition fait partie des incitations européennes pour obtenir des Iraniens des « garanties objectives » que leurs activités nucléaires sont purement civiles.

Un réacteur à eau légère présente un moindre risque de prolifération que le réacteur à eau lourde que les Iraniens veulent construire. Les réacteurs à eau lourde peuvent dégager des quantités élevées de plutonium, élément pouvant entrer dans la fabrication d’une bombe atomique.

Les experts des trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) ont poursuivi de mardi à vendredi les négociations avec les Iraniens, pour obtenir notamment que ces derniers renoncent durablement à l’enrichissement d’uranium, dont la finalité peut être civile ou militaire. Les Américains, persuadés que les Iraniens travaillent secrètement à l’arme atomique, ont maintenu la pression sur la République islamique.

« Nous avons dit aux Européens de dire à leurs alliés américains de ne pas jouer avec le feu, et les Européens ont parfaitement reçu le message », a dit M. Assefi.

« Nous ne prenons pas au sérieux les menaces de (Condoleezza) Rice », a-t-il ajouté.

« Mme Rice et les responsables américains connaissent les capacités (de réplique) iraniennes », a-t-il dit.

Les tractations de Genève ont coïncidé avec un déplacement en Europe de la secrétaire d’Etat américaine. Cette dernière a accusé à mots couverts les Européens de mollesse face aux activités nucléaires de l’Iran, avant de tempérer ses propos.

Elle a appelé les Iraniens à « saisir » la chance offerte par les Européens, estimant qu’une « solution diplomatique était à portée de main », et envisagé « d’autres mesures » si le dialogue avec les Européens échouait.

« Les dernières négociations (avec les Européens) ont constitué un premier pas en avant », a dit M. Assefi.

Il a émis l’espoir que les travaux progressent de telle sorte jusqu’à mi-mars qu’ils « nous encouragent à continuer les négociations ».

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