Washington a averti Bagdad que la présence de groupes armés proches de Téhéran au sein du futur gouvernement irakien pourrait avoir de graves conséquences économiques pour le pays.
L’agence Reuters a rapporté vendredi 23 janvier, citant quatre sources bien informées, que les États-Unis avaient averti de hauts responsables politiques irakiens au cours des deux derniers mois que des sanctions seraient imposées au gouvernement irakien si des groupes armés soutenus par le régime iranien participaient au futur gouvernement.
Ces sanctions viseraient vraisemblablement les revenus pétroliers irakiens, gérés par la Réserve fédérale de New York.
Selon trois responsables irakiens et une source bien informée, ces avertissements ont été transmis par Joshua Harris, chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Bagdad, lors de rencontres et de discussions répétées avec des responsables irakiens et des personnalités chiites influentes, notamment des chefs de groupes proches de Téhéran, par l’intermédiaire d’intermédiaires.
Pression maximale à Bagdad pour contenir Téhéran
Selon Reuters, cette position illustre parfaitement la politique menée par l’administration du président américain Donald Trump pour réduire l’influence des groupes proches du régime iranien en Irak, un pays qui, depuis des années, oscille entre ses deux principaux partenaires, les États-Unis et l’Iran.
En réponse aux questions de Reuters, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que les États-Unis soutiennent la souveraineté de l’Irak et ne voient aucun rôle à jouer pour les milices soutenues par le régime iranien, qui poursuivent des intérêts destructeurs, attisent les divisions sectaires et propagent le terrorisme dans la région.
Le responsable américain n’a pas donné de précisions sur d’éventuelles sanctions.
L’Irak : une bouée de sauvetage économique pour le régime iranien
Le régime iranien considère l’Irak comme un élément clé de sa survie économique malgré les sanctions et, selon des responsables américains et irakiens, a utilisé ces dernières années le système bancaire de Bagdad pour contourner les restrictions financières.
Ces dernières années, les administrations américaines ont imposé des sanctions à plus de douze banques irakiennes, mais n’ont jusqu’à présent pas interrompu les transferts de dollars de la Réserve fédérale de New York vers la Banque centrale d’Irak.
La menace de cibler cette source de revenus précise marque un tournant dans la pression exercée par Washington pour empêcher l’influence croissante du régime iranien en Irak.
Lien entre les événements en Irak et au Venezuela et le soulèvement populaire iranien
L’intensification de la pression américaine sur l’Irak intervient alors que les manifestations nationales en Iran et la répression sanglante des protestataires ont exacerbé les tensions entre Téhéran et Washington.
Le jeudi 22 janvier, Trump a déclaré, en évoquant le déploiement massif de moyens militaires américains et le mouvement d’une « importante flotte » vers le Moyen-Orient, que la situation en Iran était suivie de près.
Il a également ajouté que ses précédents avertissements concernant une possible intervention militaire avaient contribué à suspendre les exécutions en Iran, une affirmation rejetée par les autorités iraniennes.
Le 19 octobre 2025, lors d’une interview accordée à Fox News, Trump a décrit l’élimination de Qassem Soleimani, ancien commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution iraniens, comme le point de départ de la confrontation de son administration avec le régime iranien.
Il a également réaffirmé la pertinence du bombardement des installations nucléaires iraniennes, le qualifiant d’opération militaire parmi les plus réussies des forces armées américaines, et a déclaré que la destruction de ces capacités nucléaires garantissait que le régime iranien ne serait plus la « force de frappe du Moyen-Orient ».

