Alors que la crise économique en Iran s’aggrave et que le mécontentement social croît, de nouveaux signes sont apparus, témoignant d’une intensification de la lutte de pouvoir au sein de l’establishment au pouvoir. Tandis que, ces derniers mois, les responsables du régime invoquaient à maintes reprises des slogans tels que la nécessité de « préserver l’unité » ou l’existence de « conditions de guerre » — dans une tentative de réprimer toute contestation sociale —, ils se retrouvent désormais eux-mêmes empêtrés dans des rivalités internes et des règlements de comptes politiques. Le dernier exemple en date de cette lutte de pouvoir s’est manifesté lors de l’élection du bureau de la 12e législature du Majlis (le Parlement).
Le quotidien d’État *Jahan-e Sanat* a rapporté : « Ce lundi 25 mai se tiendra l’élection du bureau de la troisième session de la 12e législature du Majlis ; une élection au cours de laquelle les circonstances particulières que traverse le pays n’ont nullement empêché les habituelles manœuvres factionnelles, monnaie courante lors de ce type d’événements politiques. Toutefois, les modalités de cette élection du bureau sont demeurées entourées d’une certaine ambiguïté, en raison de la fermeture du Parlement. »
Révélations sur l’opération du « Front Paydari » visant à faire chuter Ghalibaf
Dans son reportage, le quotidien d’État *Jahan-e Sanat* a levé le voile sur ce qu’il a qualifié d’« opération » menée par la faction des ultraconservateurs du « Front Paydari », dans le but d’affaiblir Mohammad Bagher Ghalibaf, l’actuel président du Parlement. Ce rapport démontre que, en dépit de la propagande officielle du régime vantant la nécessité d’une unité interne, les différentes factions du régime demeurent absorbées par leurs rivalités et leurs luttes pour s’arroger une part plus importante du pouvoir.
Le quotidien d’État *Jahan-e Sanat* a explicitement indiqué, dans son article, que les ultraconservateurs sont parfaitement conscients que leur poids politique ne saurait rivaliser avec celui de Ghalibaf ; ils s’efforcent néanmoins de l’empêcher d’acquérir le contrôle total du Parlement en s’assurant une majorité écrasante lors du vote. Bien que la faction de Ghalibaf ait réussi à lui assurer, pour la septième fois, le poste de président du Majlis — l’assemblée législative de ce régime inhumain —, les luttes intestines et les différends entre factions persistent.
Cette lutte de pouvoir ne s’est pas limitée au seul poste de président du Parlement. Le rapport du quotidien d’État *Jahan-e Sanat* fait également état d’efforts considérables déployés pour écarter les alliés de Ghalibaf des postes de vice-présidents et de secrétaires au sein du bureau de l’assemblée.
Lutte de pouvoir et crainte de l’avenir
Les récents développements au sein du Parlement sont perçus comme le reflet d’une crise plus profonde au sein de la structure du pouvoir du régime iranien. Alors même que les pressions économiques s’intensifient et que les mouvements de contestation sociale refont surface, les différentes factions du régime ressentent une insécurité croissante quant à leur avenir politique. Chaque faction s’efforce de consolider sa position et d’affaiblir ses rivaux internes en prévision de tout développement futur éventuel.
Au cours des derniers mois — parallèlement à l’inflation galopante, à l’effondrement de la valeur de la monnaie nationale et à la multiplication des manifestations liées aux conditions de travail et de vie —, les dirigeants du régime ont maintes fois souligné la nécessité d’une unité interne. Néanmoins, les révélations concernant l’intense lobbying et la compétition en coulisses lors de l’élection du bureau du Parlement ont mis en lumière, plus encore, les profondes divisions au sein de la structure du pouvoir du régime.
Les analystes du régime ont également fait état de tensions croissantes entre les diverses factions. Certains médias proches du régime ont averti que la persistance de cette lutte de pouvoir risquait d’accentuer les divisions internes. Toutefois, tout indique que la compétition pour s’arroger une part plus importante du pouvoir a pris le pas sur toute forme de cohésion politique.
Il convient de noter que même les médias nationaux ne parviennent plus à dissimuler l’ampleur de cette crise.
Contestations sociales et intensification des divisions et des luttes intestines entre factions
Parallèlement à cette lutte de pouvoir, une nouvelle vague de contestations sociales se propage dans diverses villes d’Iran. Retraités, travailleurs, enseignants et autres groupes de manifestants ont, au cours des dernières semaines, manifesté à maintes reprises contre la situation économique, la hausse des prix et la chute vertigineuse du pouvoir d’achat. De nombreux observateurs estiment que l’intensification de ces mouvements de protestation a renforcé les craintes des factions du régime quant à leur avenir.
Dans de telles circonstances, les conflits internes du régime sont devenus plus visibles que jamais. Chaque faction du régime s’efforce de préserver sa position et d’éviter d’être évincée de la structure du pouvoir. Cette lutte pour le pouvoir est désormais devenue l’un des signes les plus marquants de la crise interne du régime.

