Le quartier 5 de la prison de Sheiban à Ahvaz, d’une capacité officielle de 100 personnes, accueille actuellement plus de 125 prisonniers politiques. Ces détenus sont confrontés à de nombreux problèmes, notamment la surpopulation et une grave crise sanitaire. Ils ont annoncé qu’ils entameraient une grève de la faim si leurs problèmes n’étaient pas résolus immédiatement.
L’organisation de défense des droits humains Karun a rapporté le samedi 9 août qu’à la suite des arrestations massives survenues après la guerre de 12 jours, au moins 80 détenus ont été transférés au quartier 5 de la prison de Sheiban à Ahvaz.
Après avoir subi des tortures physiques et psychologiques et des aveux forcés, ces personnes ont été condamnées à de lourdes peines de prison, ce qui a considérablement accru la population carcérale de ce quartier.
Surpopulation et espace de vie inadapté
Bien que le quartier 5 de la prison de Sheiban ait été conçu pour accueillir un maximum de 100 personnes, la surpopulation a gravement affecté les conditions sanitaires et de vie.
Les cellules de ce quartier, d’une superficie de moins de 20 mètres carrés chacune, étaient prévues pour 12 à 15 personnes, mais en raison de la surpopulation, certaines cellules accueillent désormais plus de 20 détenus.
La cour de ce quartier ne mesure que 60 mètres carrés et, en raison d’un système d’égouts défaillant, l’eau contaminée et les eaux usées s’y sont accumulées, emplissant la prison d’une odeur nauséabonde.
Les hauts murs de la prison, hauts de 12 mètres et épais de six mètres, bloquent la circulation de l’air frais et la ventilation naturelle dans la cour. Les détenus ne peuvent ni marcher, ni se déplacer, ni faire de l’exercice, et ne sont transférés dans un autre quartier qu’une fois toutes les deux semaines pour faire de l’exercice.
Augmentation des maladies et grave crise sanitaire
Selon l’organisation Karun pour les droits de l’homme, les conditions sanitaires dans le quartier 5 de la prison de Sheiban sont « extrêmement critiques » et diverses maladies se sont propagées parmi les détenus.
Outre certaines maladies spécifiques, la propagation de maladies de peau comme la gale et la grippe a fortement augmenté.
Par ailleurs, la préparation des repas se fait dans la cour du quartier, à proximité d’eau contaminée et d’eaux usées, ce qui met encore plus en danger la santé des détenus.
Ce quartier ne dispose que de deux toilettes, ce qui contraint les détenus à de longues files d’attente.
Il n’y a également que deux douches à disposition des détenus, et en raison de la surpopulation, le temps d’attente peut atteindre deux à trois heures.
Les climatiseurs sont inefficaces et le climat chaud d’Ahvaz rend les conditions de vie encore plus insupportables pour les détenus.
Menace de grève de la faim
En réponse à ces conditions critiques et inhumaines, les prisonniers politiques de ce quartier ont menacé de lancer une « grève de la faim collective » si leurs problèmes n’étaient pas résolus immédiatement.
Ils ont déclaré que cette action serait menée en signe de protestation contre les « conditions inhumaines dans la prison ».
En Iran, de nombreux prisonniers sont contraints de recourir à la grève de la faim en dernier recours pour obtenir satisfaction, mettant leur vie en danger.
Ils se mettent souvent en grève pour protester contre des revendications non satisfaites, notamment les retards dans le traitement de leurs dossiers et le non-respect de leurs droits en tant que prisonniers.
Condamnés à mort et détenus de longue durée
Le quartier 5 de la prison de Sheiban à Ahvaz est l’un des quartiers les plus surpeuplés pour prisonniers politiques en Iran et abrite de nombreux détenus condamnés à mort ou à de longues peines de prison.
Seyed Salem Mousavi, Habib Deris, Mohammad Davarshenas, Mehdi Sharifi, Mohammad Amin Abiat, Morteza Mehnapur, Masoud Jamei, Alireza Mardasi et Farshad Etemadifar font partie des condamnés à mort détenus dans ce quartier.
Plusieurs prisonniers politiques purgeant des peines de prison à perpétuité ou de longue durée, dont Gholamhossein Kalbi, Abdol Emam Zaeri, Abdol Zahra Helichi, Yahya Naseri, Nazem Bureihi, Mohammad Ali Amourinejad, Seyed Yaber Albushouka, Seyed Mokhtar Albushouka, Ali Halfy, Ayoub Porkar, Fares Ramahi (Amouri), Saman Hormatnejad et Davoud Hormatnejad — sont également détenus dans cette salle.
Dans son rapport, l’organisation Karun pour les droits de l’homme a indiqué que les militants des droits de l’homme, profondément préoccupés par la situation des prisonniers, ont exhorté les organismes internationaux et les organisations de défense des droits de l’homme à agir rapidement pour améliorer les conditions de détention et protéger la vie et la santé des prisonniers politiques dans les prisons d’Ahvaz.
Ces groupes ont appelé les organisations internationales à surveiller de plus près la situation des prisonniers et les conditions de détention afin de prévenir toute violation des droits de l’homme.

