IranDroits de l'hommeMission d'établissement des faits de l'ONU : fin de...

Mission d’établissement des faits de l’ONU : fin de la répression en Iran

-

La Mission d’établissement des faits des Nations Unies, exprimant sa vive préoccupation face à l’escalade de la violence contre les manifestants, a appelé le régime iranien à mettre immédiatement fin à la répression des manifestations, à rétablir intégralement l’accès à Internet et aux communications mobiles, et à respecter les droits fondamentaux des citoyens, notamment le droit de manifester pacifiquement.

Dans un communiqué publié le samedi 10 janvier, la Mission d’établissement des faits des Nations Unies a indiqué avoir reçu des informations crédibles selon lesquelles les forces de sécurité avaient reçu l’ordre de réprimer les manifestants sans retenue et de manière « décisive », alors que les manifestations nationales entraient dans leur troisième semaine.

Selon le communiqué, le soir du 8 janvier, l’accès à Internet et aux communications mobiles a été coupé en Iran, une mesure qui, conjuguée à la montée de la violence, a fortement restreint l’accès des citoyens à l’information.

Le communiqué précise que les manifestations ont débuté le 28 décembre suite à l’effondrement soudain de la valeur de la monnaie nationale iranienne.

Selon un communiqué du Conseil national de la Résistance iranienne, les manifestations se sont depuis étendues à au moins 192 villes à travers l’Iran et à 120 localités à Téhéran.

La Mission d’établissement des faits a indiqué qu’au 7 janvier, plus de 40 personnes, dont au moins cinq enfants, avaient été tuées dans des provinces telles que Qom, Yasuj, Kermanshah, Ilam et le Lorestan. Parallèlement, le Parlement iranien a également fait état de la mort de plusieurs membres des forces de sécurité.

Le communiqué précise :

« La Mission d’établissement des faits réaffirme que les Iraniennes, les Iraniens et les enfants méritent de vivre en sécurité, dans la dignité et dans le plein respect de leurs droits, notamment le droit de manifester pacifiquement, sans violence, intimidation ni répression de la part de l’État. »

La Mission d’établissement des faits a également souligné que les menaces ou les actes d’intervention militaire unilatérale de la part d’autres gouvernements sont contraires au droit international et, selon elle, ne devraient pas servir de prétexte pour violer les droits des citoyens ou pour accroître la violence en Iran.

La Mission a par ailleurs appelé les autorités du régime iranien à respecter la liberté d’expression et de réunion pacifique et à libérer sans condition toutes les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé leurs droits.

La Mission d’établissement des faits a indiqué examiner des vidéos et des images diffusées en provenance d’Iran montrant les forces de sécurité ouvrir le feu sur des manifestants.

Parallèlement, elle a également fait état d’images montrant des individus incendiant des bâtiments et des véhicules dans des lieux publics.

Un autre sujet de préoccupation pour la Mission est le recours généralisé à la force dans les régions habitées par des minorités ethniques, où, selon des rapports, les réponses des forces de sécurité ont été particulièrement violentes.

Dans un cas rapporté, les forces de sécurité ont pris d’assaut un hôpital à Ilam, ont utilisé des gaz lacrymogènes et ont agressé des patients et du personnel médical.

La Mission d’établissement des faits a souligné que le schéma répressif actuel ressemble fortement à la répression des manifestations de 2022, qui ont éclaté après la mort de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans.

Ces manifestations ont été accompagnées de nombreux rapports faisant état de graves violations des droits humains et de l’impunité systématique des responsables de la répression.

L’organe a rappelé que la Mission d’établissement des faits a été créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2022 et qu’elle a pour mandat d’enquêter sur les violations des droits humains liées aux manifestations en Iran, en particulier celles impliquant des femmes et des enfants.

Mission d'établissement des faits de l'ONU : fin de la répression en IranLe mandat de la Mission a été prorogé d’un an en avril 2025 afin d’enquêter également sur les cas nouveaux et en cours de violations graves des droits humains en Iran.

7,062FansJ'aime
1,196SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Dernières nouvelles

Détails de l’exécution de six membres de l’OMPI

Suite à l'exécution de six prisonniers affiliés à l'Organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI/MEK) par des agents de...

Conférence internationale : le nombre d’exécutions en Iran est condamné et apporte son soutien au CNRI

Une conférence internationale s'est tenue près de Paris le 10 avril pour protester contre la récente recrudescence des exécutions...

Amnesty International : L’accès à Internet est un droit humain fondamental et doit être rétabli immédiatement

Alors que l’Iran subit l’une des plus longues coupures d’Internet de son histoire, Amnesty International a rappelé vendredi 10...

Tribune de parlementaires français : Le changement est entre les mains du peuple iranien, et le plan de la Résistance est l’alternative au régime...

Dans une tribune publiée par le quotidien français « La Tribune Dimanche », les parlementaires français Philippe Gosselin, Christine Arrighi et...

L’Iran confronté à un goulot d’étranglement dans la restauration de ses infrastructures après le cessez-le-feu

Quelques semaines après les violentes attaques américaines et israéliennes, et dans un contexte de cessez-le-feu fragile, l’Iran fait face...

Les pourparlers entre les États-Unis et le régime iranien se déroulent dans l’incertitude

Au deuxième jour du cessez-le-feu entre les États-Unis et le régime iranien, face au maintien des restrictions de transit...

Doit lire

vous pourriez aussi aimer EN RELATION
Recommandé pour vous