Golrokh Iraee, Zahra Safaei, Marzieh Farsi, Shiva Esmaili et Sakineh Parvaneh — cinq prisonnières politiques détenues à la prison d’Evin, à Téhéran — ont fait l’objet d’une mesure punitive les privant du droit aux appels téléphoniques, après avoir participé à la campagne « Les mardis sans exécutions » et scandé des slogans contre les condamnations à mort. Cette restriction s’inscrit dans le cadre des pressions continues exercées à l’encontre des prisonnières politiques.
Des rapports émanant de la prison d’Evin indiquent que, depuis le dimanche 24 mai, ces cinq prisonnières politiques ont été privées, à titre punitif, du droit d’utiliser les téléphones de l’établissement. Selon les informations reçues, les autorités pénitentiaires ont désactivé les cartes téléphoniques de ces détenues en raison de leur participation à la campagne « Les mardis sans exécutions » et du fait qu’elles avaient scandé des slogans s’opposant à l’exécution des condamnations à mort. Les défenseurs des droits humains affirment que priver les détenus de tout contact avec leur famille et leurs avocats est devenu un outil de répression des actions de protestation civile menées par les prisonniers politiques.
Privation persistante des visites familiales et juridiques
Ces cinq prisonnières politiques avaient déjà été privées, par le passé, du droit de recevoir des visites en personne de la part de leur famille et de leurs avocats. Selon les rapports, cette restriction demeure en vigueur, et aucune explication claire n’a été fournie quant à son maintien.
La privation simultanée des visites et des appels téléphoniques exerce une pression psychologique intense sur les détenues ainsi que sur leurs familles. Selon ces militants, empêcher les détenues de communiquer avec leurs proches et leurs avocats a non seulement des répercussions psychologiques, mais limite également leur droit à une défense effective et à l’accès à une assistance juridique.
Pressions sur les prisonnières politiques à Evin
De récents rapports révèlent que les pressions exercées sur les prisonnières politiques incarcérées à la prison d’Evin se sont intensifiées au cours des derniers mois. Auparavant, durant la deuxième semaine de mai, des informations avaient déjà fait état d’un renforcement des pressions à l’encontre des détenues politiques.
Selon ces rapports, Zahra Safaei, Forough Taghipour, Marzieh Farsi, Elaheh Fouladi, Arghavan Fallahi, Shiva Esmaili et Golrokh Iraee ont été privées de visites pendant trois semaines en raison de leur participation à la campagne « Les mardis sans exécutions ».
Par la suite, pour avoir de nouveau pris part à cette cérémonie de protestation, elles se sont vu imposer une nouvelle période de privation de visites, d’une durée de trois semaines. Selon les défenseurs des droits humains, des dizaines d’autres détenus — qui se trouvaient simplement dans la cour de la prison ou ont été témoins de la cérémonie — ont également fait l’objet de sanctions disciplinaires.
Ces derniers mois, la campagne « Les mardis sans exécutions » est devenue l’un des symboles de la contestation des prisonniers politiques face à la multiplication des exécutions capitales en Iran. Les détenus participant à cette campagne expriment généralement leur opposition à la peine de mort en scandant des slogans, en se rassemblant dans les cours de la prison ou en organisant des sit-in.
La réponse des autorités pénitentiaires à ces mouvements de protestation a souvent pris la forme de pressions accrues, d’une interdiction de communiquer, d’un exil, d’un transfert en cellule d’isolement ou d’une privation de visites. Ce traitement punitif infligé aux détenus qui s’opposent aux exécutions témoigne de la volonté des institutions sécuritaires et judiciaires de museler toute voix dissidente, y compris au sein même des prisons.
Des restrictions similaires à la prison de Qarchak
Ces derniers mois, des signalements similaires ont également émané de la prison de Qarchak, située à Varamin. Selon ces informations, un groupe de femmes détenues pour motifs politiques à Qarchak a, lui aussi, subi des restrictions de communication et des mesures punitives après avoir protesté contre les conditions de détention ou participé à des rassemblements de contestation.
La privation collective des droits fondamentaux et des commodités des détenus, en l’absence de toute explication transparente, s’apparente à une forme de châtiment collectif. Selon les militants, ce processus a engendré une méfiance accrue, un sentiment d’insécurité psychologique et une montée des tensions au sein des établissements pénitentiaires.
Une pression croissante sur fond de vague d’exécutions
Les mouvements de protestation menés par les femmes détenues pour motifs politiques à la prison d’Evin surviennent alors même que le nombre d’exécutions en Iran a connu une recrudescence ces derniers mois. Les organisations de défense des droits humains ont maintes fois alerté sur le fait que le recours massif à la peine de mort — en particulier dans les affaires à caractère politique ou sécuritaire — est devenu un instrument visant à instaurer un climat de peur et à assurer le contrôle social.

